| | ADSLgratuit | Posté le 05/04/2005 @ 01:30 | Astucien
1919 Messages
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Pourquoi OUI à la 1ere constitution Européenne
[img]http://news.bbc.co.uk/media/images/38155000/jpg/_38155883_europe_flag_bbc_300.jpg[/img]
C'est sûr, une directive anti-trust ou bolkestein n'ont rien à faire dans une constitution.
Le texte complet de la proposition de Directive Bolkestein
http://europa.eu.int/eur-lex/fr/com/pdf/2004/com2004_0002fr01.pdf
"La référence à une Union européenne hautement compétitive a été incorporée dans la première partie de la Constitution parmi les objectifs de l'Union. "
Exact.
tout le monde sait que la constitution est imparfaite.
Et ça, c'est du hors périmêtre. Une constitution n'a pas à se prononcer sur les objectifs economiques.
Cela doit-il nous faire voter NON ?
Même si cette qualification de "hautement compétitive" est un excès de zèle, penchons nous sur le vrai fond du problème:
L' europe a t'elle besoin d'être hautement compétitive ?
Moi je réponds oui sans complexe.
Et soyons clairs : aucune politique sociale n'est possible dans un système non-compétitif car cela conduit à la faillite.
Donc , cette phrase ne m'empêchera pas de voter OUI.
La recherche de la compétitivité entraine des restructurations. Et qui dit cela dit chomage. C'est vrai.
Mais la compétitivité entraine ensuite le retour au bénéfice. Et la création de richesse seule peut recréer de l'emploi.
La fonction publique doit elle être compétitive ?
Oui, dans la mesure ou cela entraine une amélioration du service publique.
Mais ce n'est pas la compétitivité qui tue la fonction publique.
Evidemment, le secteur de la recherche nécéssite des moyens qu'il n'a pas. Et c'est bien la recherche-développement qui peut entrainer à terme des gains de compétitivité.
La constitution permettra précisément une europe plus démocratique. Ce type de dérives ( directive bolkestein) sera justement plus facile à éviter.
Cette constitution a été le fruit d'une longue négociation entre états, donc a été l'objet de nombreuses concessions. Pace que nous sommes 25 pays à composer l'europe !
La 1ere Constitution Européenne n'a aucune couleur politique.
Il ne s'agit pas de l' europe de giscard, mais du fruit d'une longue négociation entre etats, ou chaque article a dû obtenir l'unanimité pour pouvoir y figurer.
Negocier, c'est savoir concéder.
Certes, la constitution est imparfaite. certes, elle ne va pas assez loin. Mais ce n'est qu'une première constitution.
Et justement, sur certains domaines, le principe de majorité remplacera celui de l'unanimité. Certes, cela ne concerne pas tous les domaines, mais je vous met au défi de dire qu'il ne s'agit pas d'un progrès considérable qui nous sortira de l'immobilisme ( car c'est ça le vrai piege lorsqu'on est 25 et qu'une décision nécéssite l'unanimité).
La construction d'une europe politique est un processus long, et plus long que nos vies. Nous sommes dans une periode transitoire : une institution en devenir, donc inachevée, avec des dysfonctionnements flagrants. Il ne faut pas interrompre la construction européenne : ce serait la pire des erreurs historiques.Dire NON à cette constitution, c'est créer un risque de scission de l'union européenne : d'un côté les états qui auront dit OUI et qui avanceront avec des institutions performantes et un Président de leur Union Européenne, de l'autre les pays qui auront dit NON, et qui se marginaliseront, et risqueront à terme de quitter L' Union Européenne. Bref, la fin du rêve des Etats-Unis d'Europe, et la PAX AMERICANA all over the world.
Nous avons besoin d'une constitution européenne. Ce n'est que la première, il y en aura d'autres. La france n'a pas moins de 13 constitutions à son actif.
Et si un jour nous voulons un président de l'europe élu au suffrage universel direct, une sécurité sociale européenne, une politique sociale européenne, il nous faut passer par cette étape de la 1ere constitution européenne.
Faut-il flinguer l'europe au nom du fait qu'elle n'est pas exactement comme nous le souhaitons ?
combien de temps, pardon, de décennies faudra t'il pour tenter à nouveau l'ébauche d'une construction politique de l'europe ? et cette autre tentative, si elle existe, sera t'elle meilleure ?
d' ailleurs, un système politique parfait est-il possible ?
ca me rappelle 2002. au nom de la france, on a promu Le Pen au second tour, lequel s'est transformé en sauvetage de la république, en réélisant un président que peut de monde voulait à 85 pour cent des voix. Au nom de la france on a inventé la république bananière.
la france est à l'initiative de la construction européenne. Mais au fur et à mesure que notre poid s'est dilué au sein de l'europe, notre orgueil nombriliste préfère se faire hara_kiri plutôt que de tenter de prouver que le peuple peut comprendre que l'intéret à long terme comporte des frustrations à court terme.
Oui, la démocratie c'est bien. Mais un peuple peut se tromper...
C'est démocratiquement que hitler a conquis le pouvoir.
et bien moi, c'est au nom de l'intelligence des peuples que je voterai oui à la 1ere constitution européenne.
Une constitution, c'est des règles de fonctionnement.
Ca ne porte pas sur le contenu des loies.
alors le prix de la viande, les éoliennes, et ta fiche de paie, et même le chômage, ce n'est pas du ressort d'une constitution.
Emmanuelli a clairement dit que la victoire du OUI plongerait l'europe sous un diktat Ultralibéral pendant 50 ans sans espoir de guérison.
Mais le non conduira à 50 ans d'mmobilisme, car l'europe est ingouvernable à 25 en raison de l'obligation d'adopter les textes à l'unanimité.
Et bien moi je préfère le mouvement. Je n'ai pas peur d'une europe qui bouge et qui se donnera les moyens d'évoluer encore à l'avenir.
vous vous défiez de l'homme politique et c'est parce que vous croyez que la politique ne peut rien changer qu'il y a abstention et progrès du NON.
En réalité , nous avons les politiques que nous méritons. Le citoyen rejette sa propre responsabilité dans les errements de la démocratie.
C'est la france qui a besoin de l'europe, ou l'europe qui a besoin de la France ?
Et une France sans Europe, c'est économiquement viable ?
Il a été écrit:" Cette Constitution-ci, précédée par la Convention, a été rédigée par un groupe de personnes désigné par les pouvoirs en place, donc non-représentatif des parlements ou des tendances
politiques des pays concernés. Rien que cet aspect rend cette Constitution déjà illégitime."
-C'est le vote des citoyens européens qui la légitimera ou l'invalidera. Donc ce n'est pas ant-démocratique.
"abolition en douce de la Constitution Française." ?
Le principe de subsidiarité est déjà effectif. Les textes européens l'emportent dans la mesure ou l'etat français n'a pas légiféré dessus et la cour européenne de justice peut donner tort à des textes français lorsqu'ils sont en contradiction avec un texte européen qui a été voté..
Ils n'ont pas préséance sur la constitution francaise
de toute manière la construction européenne implique naturellement des transfers de souveraineté.
il faut quand même comprendre que construire un système politique européen implique une constitution.
Et pourquoi pas ?
Notre cinquième république est si parfaite ? A t'on eu notre mot à dire sur notre propre constitution ?
En fait, jamais un système politique ne s'est construit aussi démocratiquement que l'europe.
nous avons la chance de voter pour une constitution, c'est quand même pas banal.
Ce n'est pas parce que la constitution Française sera adaptée qu'elle sera abolie. Il faut mesurer les propos. Je maintiens qu'il s'agit là de démagogie.
Ceci dit, l'ambition de la construction européenne, c'est à terme un Président de l'europe élu au suffrage universel. C'est un gouvernement européen. C'est une sécurité sociale européenne, une politique sociale européenne. C'est l'ambition de créer une puissance politique et économique qui puisse affirmer son indépendance face aux Etats-Unis d'amérique.
Cette ambition, il faudra peut-être deux cent ans pour la réaliser.
Et c'est pas gagné. La construction européenne est fragile et peut s'écrouler comme un chateau de cartes.
LE piège immédiat, c'est l'immobilisme.
On ne peut pas avoir de politique européenne à 25 si chaque mesure est prise à l'unanimité.
La 1ere constitution européenne introduit l'adoption des textes à la MAJORITE sur de nombreux domaines. C'est donc la mesure la plus importante de la constitution.
"Une Constitution qui profiterait du oui pour avoir les mains libres.
Devenir encore plus libérale pour mieux écraser nos acquis déjà bien rognés? C'est NON."
L'Europe sera libérale. c'est inévitable. c'est même souhaitable.
Allez dire le contraire aux pays de l'est qui sortent de la domination communiste, je doute qu'ils t'approuvent.
La constitution nous fait-elle perdre notre identité Française ?
La perte des identitées nationales est impossible. De même qu'une langue européenne unique. L'esperanto a été un échec.
De même que nous avons des identités régionales fortes, un français restera toujours un français.
Mais je rêve des etats-unis d'europe. Je rêve d'être citoyen européen, français de surcroit, et breton par dessus tout.
Il n'y a que le pen pour dire que l'europe va detruire les nationalités. Il le disait déjà avant le passage à l'euro. Qui se sent moins francais depuis ?
ET SI LE NON L'EMPORTE...
Tout processus historique est réversible: aussi bien l'entente franco allemande , la monnaie unique et l'europe du traité de Nice.
Dire que le NON est sans conséquence est irresponsable.
Si on vote NON, il faudra en assumer les conséquences.
Et les pays qui auront approuvé la constitution ne manqueront pas de nous y inviter.
ET L'AVENIR....
une harmonisation fiscale européenne - et donc un impot européen - sera nécéssaire. Et c'est cela qui permettra une politique sociale européenne.
De même qu'une baisse de l'impot est nécéssaire pour stimuler un retour à la croissance et la création d'emploi.
L'europe a encore beaucoup à faire.
POUR L'EUROPE , JE VOTE OUI.
[img]http://www.environmental-finance.com/2004/0404apr/flag.jpg[/img]
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| | hdhd | Posté le 05/04/2005 à 06:23 | Petit astucien
413 Messages
| Bonjour
Je suis contre cette Europe là
et donc je dis NON à ce projet de Constitution
la Constitution Française a déjà un mal fou à exister
et surtout à être comprise, alors une constitution , que la majorité ne veut pas, je dis Non!
passé le demi siècle, j'ai eu le temps d'affiner mes jugements,
mes 3 enfants, dont 2 sont en age de voter, voient trés bien quel sera leur avenir....je pense que ce grand débat, est le débat citoyen, quelle Europe? et pourquoi?
à 6? à15? à 25? à combien? | | | | | Béotien | Posté le 05/04/2005 à 07:44 | Petit astucien
863 Messages
| J'avoue être incapable de lire, d'assimiler et d'émettre un jugement sur un texte juridique de 450 articles.
Alors j'écoute les uns et les autres pour essayer de comprendre.
Mais allez y comprendre quelque chose quand la moitiè de la Droite prône le OUI tandis que l'autre moitié, le NON. A gauche, c'est l'inverse.
Alors je voterai OUI au "pif" en me disant que le FRANCE est trop petite pour jouer cavalier seul face au JAPON, aux USA ou au reste de l'EUROPE.
Regardons ce qui se passe aujourd'hui ;
- Il suffit que les USA changent de fournisseurs ou alourdissent leurs taxes douanières pour que tout un pan de notre industrie s'effondre ( exemple : la ganterie ou la viticulteure )
- Notre pauvre petite place boursière bêle derriére LONDRES et NEW YORK
- Nos succès industriels sont dûs à des entreprises européennes ( AIRBUS ou ARIANE )
Alors unissons nous aux autres Européens pour être plus forts ensemble.
| | | | | Halambra | Posté le 05/04/2005 à 10:53 | Astucien
1072 Messages
| | Béotien a écrit :
Alors je voterai OUI au "pif"
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C'est pas bien de dire ça...
Soit ton avis est fait , alors tu votes OUI ou NON ...
soit tu n'as pas d'avis et alors tu ne votes pas ..!
mais voter au pif pour l'europe, sachant tout ce qui peut en découler, pour toi, tes enfants, la france etc ... ce n'est pas raisonnable !
d'autant que voter NON ne veut pas dire NON à l'europe, mais NON à cette Europe-là !
Si la France vote NON, pensez-vous réellement qu'elle sera mise de côté et que l'europe continuera sans elle ? Bien sûr que non !!!
Ce processus sera stoppé et un nouveau projet de constitution fera surface, mais en aucun cas les partenaires européens continueront leur route sans la france ! | | | | | pitiun | Posté le 05/04/2005 à 12:17 | Petit astucien
835 Messages
| Bonjour à tous et à toutes,
Ton long plaidoyer, ADSLgratuit- drôle de pseudo pour un néolibéral !-, est à usage interne du Medef de l’UMP et UDF !
Tu retardes un peu car ils ajustent leurs arguments comme Chirac qui se découvre partisan du « SOCIAL » à la veille de chaque élection lol !
Tu aspires, comme dirait Jean Pierre, à être autour de la table…moi pas car je ne veux être jeté aux chiens, sous la table, à la fin du repas…libre à toi.
| | | | | ADSLgratuit | Posté le 05/04/2005 à 13:06 | Astucien
1919 Messages
| | pitiun a écrit :
ADSLgratuit- drôle de pseudo pour un néolibéral ! |
Libéral, oui.
Néo libéral, non.
Et puis il y a des différences entre UDF et UMP.
Mes maîtres à penser sont:
Jacques Delors, françois Bayrou, DSK,...
Donc je suis centriste.
L'économie de marché, nous ne pouvons pas nous en passer. En ce sens, oui, je suis libéral.
Mais j'aspire à une Europe avec un Président élu au suffrage Universel. Un transfers de souverainneté dans le maximum de domaines. une harmonisation fiscale européenne ( et un impot européen), mais aussi une baisse de la fiscalité globale. un service public fort, une sécurité sociale européenne, et une politique sociale plus forte encore que celle de la france.
[img]http://www.londonfashionforum.com/images/Europe-flag-1.jpg[/img]
Je colle l'article indiqué par Béotien:
[img]http://www.sudptt.fr/dessins/d20040915_6.jpg[/img]
BRUXELLES (AFP), le 16-04-2005
Un non français à la Constitution européenne pourrait attiser la concurrence fiscale et favoriser les délocalisations tout en freinant l'élargissement, selon des économistes.
Le rejet de la constitution serait considéré comme un signal "contre l'intégration politique" et "la coordination économique et budgétaire des 25" pays membres de l'Union européenne, relèvent Michael Saunders et José Luis Alzola, économistes à Citigroup.
"Après la réforme du pacte de stabilité, qui a de fait allégé la pression sur les Etats pour assainir leurs finances", le "non" risque de favoriser encore plus "le laxisme budgétaire", estiment-ils.
"Les conséquences économiques d’un vote négatif seraient différentes selon qu'on revienne aux traités actuellement en vigueur", ou à une "remise à plat de l'organisation institutionnelle de l'UE", souligne Patrick Artus, directeur des études économiques chez Ixis-Cib.
Une remise à plat "pourrait être favorable, mais semble une option très peu probable" et quant au maintien du Traité de Nice "il n’offre pas de perspectives très encourageantes", selon lui.
Le maintien de Nice signifie qu'il y aura "un moindre recours à la majorité qualifiée par rapport à l'unanimité" dans les prises de décision et qu'"il y aura moins de possibilité de coordination et d'harmonisation et encore plus de concurrence fiscale et sociale", estime cet économiste.
"On verrait donc sans doute s'amplifier le mouvement non coopératif à la baisse de la pression fiscale dans les pays d'Europe centrale visant à accélérer les délocalisations, attirer les capitaux et les sièges sociaux", argumente M. Artus.
"Le maintien de Nice dégraderait certainement le bien-être des pays d'Europe occidentale" et "rapprocherait l'UE d'une simple zone de libre échange", estime M. Artus.
Une telle perspective n'est pas pour déplaire à Rob Carnell, économiste à ING, pour qui un "non" français "ne sera pas du tout un désastre".
L'affaiblissement de l'intégration européenne conduira, selon lui, à "une Europe hétérogène à plusieurs vitesses", où sera favorisée "la concurrence entre les Etats", ce qui va conduire à "des réductions d'impôts et à plus de croissance".
"Dans une Europe fragmentée, des pays comme l'Allemagne, qui ont déjà marqué leur intérêt pour ce choix, pourront poursuivre librement ces politiques" de concurrence fiscale, selon lui.
Le rejet de la Constitution va par ailleurs "freiner l'élargissement de l'UE à de nouveaux pays", en particulier la Turquie, relèvent Michael Saunders et José-Luis Alzola.
"Compte tenu du fait que l'une des principales raisons du "non" en France et aux Pays-Bas est la crainte d'une compétition des pays moins riches, les gouvernements seront moins enclins à appuyer l'accession de nouveaux membres", arguent-ils.
En revanche, "il n'y aura pas d'impact significatif sur le calendrier de l'adhésion à l'euro des dix derniers entrants", qui s'échelonne entre 2007 et 2010, estiment ces économistes. Modifié par ADSLgratuit le 17/04/2005 17:46 | | | | | jajaloic | Posté le 05/04/2005 à 13:59 | Petit astucien
258 Messages
| très interressant ADSLgratuit, je te remercie car j'en avais marre d'avoir l'impression que le non est partout et le oui nul part.
Finalement la question centrale dont on ne sait pas réellement la réponse c'est:
Si on vote non, prend-on un risque? Sera t'on a terme marginalisé de l'europe ou bien pourra t'on demander une autre europe?
Après reflexion je crois que l'on a peu de chance de voir une autre europe, parce que ce n'est pas la France qui choisit son Europe mais c'est un compromis de 25 pays! Ce qui veut dire que les français ne pourront pas imposer leur désirs, et que si on refuse cette constitution et que, par chance, on accepte de réecrire une autre constitution elle sera dans la meme tendance que la constitution d'avant.
Aussi il faut rappeler que les temps changent et que la France va bientot perdre son role de 4eme puissance mondiale au profit de la Chine et qu'on risque de se faire rattraper par les NPI et autres dragons. Ce que je veux dire c'est que si on ne trouve pas un moyen de relancer l'économie on prend le risque de provoquer une faillité francaise causé par un immobilisme couteux. | | | | | pitiun | Posté le 05/04/2005 à 14:33 | Petit astucien
835 Messages
| Bonjour à tous et à toutes,
Ce dimanche, 3 avril toute la journée, a eu lieu une conférence, à Paris, avec des représentants des quinze pays européens, avec des associations et organisations.
Le thème en était « pour construire une Europe sociale et démocratique, un « non » européen à la constitution ».
Vous en avez vu la queue d’un bout dans et sur les grands médias ?
Silence pour celles et ceux qui aspirent à une autre Europe !
Censurez ! Censurez !…vous n’empêcherez le NON de s’exprimer !
| | | | | ADSLgratuit | Posté le 05/04/2005 à 15:17 | Astucien
1919 Messages
| pitiun a écrit :
Censurez ! Censurez !…vous n’empêcherez le NON de s’exprimer !
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Quelle censure ?
Tu manques un peu d'objectivité, non ?
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| Le Monde, 23 novembre 2004
M. Delors :
"Un "non" reviendrait à déserter le champ de bataille"
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Dans un entretien au "Monde", l'ancien président de la Commission européenne met en garde les adversaires de la Constitution, un traité sur lequel les militants socialistes se prononceront le 1er décembre. Il dénonce la politique "sans vision de Jacques Chirac sur
l'Europe". À la demande de M. Delors, le texte de cet entretien a été relu et amendé par lui.
[img]http://www.proeurope.org/content/founders/delors.jpg[/img]
Comment analysez-vous l'opposition au projet de Constitution européenne qui s'exprime au sein du Parti socialiste ?
Je laisse de côté les stratégies personnelles. J'ai du respect et j'essaie de comprendre : les adhérents du PS ont choisi de militer en politique parce qu'ils trouvent que la société n'est pas assez juste, et ils s'impatientent devant les lenteurs des avancées en France comme en Europe. Il faudrait leur dire : voilà ce que vous pouvez attendre de l'Europe, mais voilà ce que vous devez faire vous-mêmes. Il y a des pays où la social-démocratie a réussi à réduire le chômage, à réformer sans grabuge les systèmes de sécurité sociale pour tenir compte de la démographie ; donc, c'est possible. Si les socialistes optaient pour le "non" lors de leur consultation interne, ce serait un terrible saut dans l'inconnu pour le Parti socialiste ; et pour la France, si les Français les suivaient, ce que je ne crois pas.
N'y a-t-il pas pour une part, chez les militants socialistes, un besoin d'inventaire ?
Si nous passons le cap du référendum sur la Constitution européenne, le projet socialiste sera l'occasion de cette réflexion : comment, en faisant l'inventaire du passé, adapter le projet socialiste en fonction des aspirations du citoyen et de nos marges de manoeuvre ? Mais il ne faut pas confondre les deux débats. Le premier concerne la France et l'Europe, pas le contenu du socialisme français.
Que pensez-vous de l'argument selon lequel un "non" à la Constitution serait un électrochoc salutaire pour l'Europe ?
Autant on sous-estime ce que pourrait faire la France en Europe avec une vision, avec du coeur et du réalisme, autant on surestime la France en croyant qu'elle peut exiger ce qu'elle veut des autres. La victoire du "non" ne serait pas une crise salutaire.
Ce traité présente des avancées, alors pourquoi s'en priver ? Il apporte de la simplicité, des progrès dans la démocratisation, et il ne ferme aucune porte. Si demain nous arrivons à convaincre une majorité d'Européens d'aller plus loin en matière d'intégration politique et sociale, on le fera. L'Europe est déjà bien plus qu'un espace, même si elle n'est pas encore complètement une Europepuissance. Elle est la première puissance commerciale du monde ; elle est la première en matière d'aide au développement et d'aide humanitaire, c'est grâce à elle que va pouvoir entrer en vigueur la convention de Kyoto sur l'environnement, etc. Qui peut penser que cette aventure exceptionnelle pourrait aller plus vite ? Ne demandons pas l'impossible. Si l'on considère que l'Europe ne peut être que l'alignement sur les positions françaises, ou sur les positions des socialistes français, alors il ne faut pas vouloir faire l'Europe, il faut la quitter, pour faire le socialisme dans un seul pays.
Que répondez-vous à ceux qui trouvent l'Europe trop libérale ?
C'est une question de majorité, ce n'est pas lié au traité. L'Europe est actuellement marquée par une pensée dominante de tendance libérale, que je conteste sur de nombreux points. Ce n'est pas
parce que votre équipe est en mauvaise posture que vous allez demander de changer les règles du football ! C'est en se battant politiquement à l'intérieur des règles du jeu, au niveau des gouvernements, du Parlement européen, des acteurs sociaux. Parmi les arguments du "non", il y a l'idée de revenir à un "noyau dur", avec l'Allemagne et d'autres. Un rejet de la Constitution ne remettrait-il pas ce projet à l'ordre du jour ? Non, dans le contexte actuel, ce serait négatif pour les socialistes et pour la France. L'Europe n'a avancé, depuis qu'elle s'est élargie, que par la différenciation : des délais de transition de sept à dix ans, voire des exonérations ont été accordés à certains pays. L'Union économique et monétaire n'aurait pas vu le jour s'il avait fallu attendre les 15 pays membres. C'est dans cet esprit qu'ont été conçues les coopérations renforcées. On ne peut pas les tuer avant de les avoir essayées. Mais une différenciation brutale, née d'une crise, n'est envisagée que par une partie des hommes politiques français, par personne d'autre ailleurs. Aucun pays n'a de goût pour cela. Je suis pour que la France adopte le traité, pour qu'elle propose des coopérations renforcées, et pour qu'elle se batte afin que l'Union économique et monétaire soit rééquilibrée.
Derrière le débat sur la Constitution, n'y a-t-il pas aussi la crainte de l'élargissement, d'une dilution de la France ?
Souvenez-vous qu'au moment de l'adhésion de l'Espagne et du Portugal les Français étaient aussi très inquiets. Regardez les résultats : nous avons largement investi dans ces pays, nous leur avons vendu nos produits, y compris agricoles ; et ils ont aujourd'hui rattrapé une bonne partie de leur retard.
Pour qui veut bien la lire, la Constitution donne pour la première fois à l'Union la personnalité
juridique ; on y parle de valeurs et non plus seulement de principes ; la Charte -des droits fondamentaux- est introduite dans le traité et elle pèsera beaucoup, dans les années qui viennent, pour la liberté, le respect des convictions des autres, la sécurité des citoyens, le progrès social.
Enfin, alors que l'Europe a commencé par l'économie, c'est la première fois que l'on remet l'économie à sa place et qu'on parle d'un projet politique d'ensemble. Un tel traité ne serait pas passé il y a dix ans, parce que l'Europe ne s'était pas assez prouvée à elle -même ce qu'elle pouvait faire.
La Commission européenne, sous votre présidence, avait lancé des pistes pour une politique sociale de l'Union. Le sentiment que rien n'a été fait, exprimé par certains au PS, reflète-t-il la réalité ?
Je n'ai cessé de plaider lors de la mise en place de l'union monétaire pour un équilibre entre l'économique et le monétaire. Les Français ont accepté le pacte de stabilité à condition qu'on leur garantisse la croissance ; mais il n'y a pas eu le pacte de coordination des politiques économiques, que j'avais proposé en 1997, pour équilibrer le pacte de stabilité monétaire.
En matière de politiques sociales, j'ai lancé un Dialogue régulier entre syndicats, patronats et institutions européennes. Trois conventions collectives ont été signées. On aurait pu continuer.
L'Acte unique a donné la possibilité de légiférer sur les conditions d'hygiène, de santé et de sécurité sur les lieux de travail. Il a institué la cohésion économique et sociale : les politiques d'aides aux régions ont vu leur montant multiplié par sept. Sur ces terrains, où l'Europe peut apporter une valeur ajoutée, le traité constitutionnel offre toutes les possibilités. En revanche, ce qui concerne la politique de solidarité et de sécurité sociale, l'éducation et la politique culturelle doit continuer de
relever des responsabilités nationales. Il faut lever les ambiguïtés et le dire franchement : ce que la France doit faire pour elle-même, pour s'adapter à la nouvelle donne économique et technologique,
l'Europe ne le fera pas pour elle.
Que dites-vous des délocalisations, sujet qui cristallise beaucoup de mécontentements ?
Les délocalisations représentent environ 5 % des changements d'emplois en France. Et le problème se poserait avec ou sans l'Europe. Supposons que nous n'ayons pas réussi à intégrer les pays d'Europe de l'Est et du Centre, nous aurions avec eux un minimum d'accords commerciaux et nos entreprises se préoccuperaient d'être présentes dans ces pays, comme elles le font pour la Chine. C'est un aspect de la mondialisation contraignant pour nous mais qui n'a pas que des
inconvénients. Et puis, on ne peut pas faire des discours le dimanche contre les inégalités dans le monde et refuser ce qui est le moyen pour ces pays d'accéder à un minimum de développement et de bien-être. Je reproche au gouvernement de dramatiser la question des délocalisations. Il faut expliquer à l'opinion publique la dimension réelle du problème, sinon on est en plein spasme.
Mais les craintes sont bien là !
Les Français ont besoin de retrouver l'estime d'eux-mêmes. Il y a trop de négativisme, de cris d'alarme excessifs. Un pays ne se réforme pas lorsqu'il est craintif. Les deux adversaires que nous devons combattre - et la Constitution nous y aiderait -, c'est d'une part la pensée unique, qui a gagné les nouveaux pays adhérents, et d'autre part cette politique sans vision de Jacques Chirac sur l'Europe, avec des valses-hésitations, des changements de pied incompréhensibles.
Ne faut-il pas avancer vers l'harmonisation fiscale ?
Dans le cadre du Conseil de l'euro, ce sera une des batailles à mener. Et, derrière ce débat, il y a des leaders européens qui considèrent comme souhaitables non seulement la compétition entre acteurs économiques, mais la compétition entre les nations. Cette thèse, il faut la combattre violemment, car c'est elle qui menace l'Europe. Mais est-ce que nous la combattrons en disant "non" à la Constitution ? Un "non" français reviendrait à déserter le champ de bataille, à nous
priver de notre voix et de nos arguments.
Et l'impossibilité de réviser la Constitution ?
Ce traité est aussi révisable que le traité de Maastricht ou le traité de Nice. Mais nous ne pourrons convaincre les autres de prendre parti pour des progrès futurs que si nous sommes dedans.
Propos recueillis par Henri de Bresson, Isabelle Mandraud et Claire Tréan
[img]http://www.hilton.de/assets/HI/cms/live/e_a/germany/cologne/images/size_f/destination/EuropeFlag_Cologne_F.jpg[/img] Modifié par ADSLgratuit le 27/04/2005 21:20 | | | | | le14depique | Posté le 05/04/2005 à 15:43 | Petit astucien
130 Messages
| bonjour a tous.
ce qui me choque le plus dans cette 1ere constitution européenne c'est l'absence des certains droits que je qualifie de fondamentaux:
le droit a l'avortement
le droit du travail
le principe de laicité
et j'en oublie encore
je ne voit pas, sincerement, où est le volet social dans tout ça.
| | | | | pitiun | Posté le 05/04/2005 à 15:47 | Petit astucien
835 Messages
| ADSLgratuit a écrit :
pitiun a écrit :
Censurez ! Censurez !…vous n’empêcherez le NON de s’exprimer !
|
Quelle censure ?
Tu manques un peu d'objectivité, non ?
|
Voyez dans les médias! C’est comme le pâté de cheval et d’alouette :
Un cheval de labour pour les partisans du oui ! On les voit même dans les émissions dites de distraction.
Une alouette pour les partisans du non à cette Europe !
Je comprends que ça ne te dérange ! Tu penses que plus on matraque plus ça passera !
Verrons au soir du 29 mai !
| | | | | ADSLgratuit | Posté le 05/04/2005 à 17:26 | Astucien
1919 Messages
| le14depique a écrit :
bonjour a tous.
ce qui me choque le plus dans cette 1ere constitution européenne c'est l'absence des certains droits que je qualifie de fondamentaux:
le droit a l'avortement
le droit du travail
le principe de laicité
et j'en oublie encore
je ne voit pas, sincerement, où est le volet social dans tout ça.
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Il n'y a pas de volet social ni de droit du travail. Mais il y a les structures qui nous permettront de voter à la majorité les futurs projets, ce qui est quand même plus facile que l'adoption des textes à l'unanimité.
Le droit à l'avortement n'est ni inscrit dans la constitution française, ni dans l'européenne. c'est une loie française, et le principe de subsidiarité ne peut nous l'ôter puisqu'il n'y a pas de loie européenne. Il n'y a aucune atteinte à ce droit en france.
Le principe de laicité est propre à la france et je nous vois mal l'imposer à 24 pays. Ce qui est important, c'est que notre laicité n'est pas atteinte dans la constitution. Il n'y a pas de politique religieuse dans le traité constitutionnel.
Tu peux te rassurer, il n'y a pas de quoi te choquer.
Amicalement
[img]http://www.apollo.lv/upload/2004-06-11/22214/1086950441_europe_flag.jpg[/img] Modifié par ADSLgratuit le 05/04/2005 23:51 | | | | | ADSLgratuit | Posté le 05/04/2005 à 18:51 | Astucien
1919 Messages
| Et alors ?
On ne sait pas de quoi ça parle ?
Les médias n'ont de cesse de la décortiquer.
Il y a des débats dessus.
Je pense que le citoyen européen qui ne sait pas de quoi ça parle, c'est qu'il ne veut pas savoir.
Et on doit s'interdire de voter alors que c'est une constitution, mais aussi un traité européen ?
On prend les hommes politiques pour des débiles profonds, mais peut-être qu'ils veulent croire à notre bon-sens en nous permettant de voter, non ?
En réalité, c'est toi, en tant que citoyen, qui refuses de croire en ton propre bon sens si tu crois qu'il faut s'abstenir de voter sous prétexte qu'il y a trop à lire.
[img]http://www.cavazza.it/vedereoltre/2004-1/immagini/europe.jpg[/img]
Modifié par ADSLgratuit le 05/04/2005 23:55 | | | | | Jean-Pierre | Posté le 05/04/2005 à 19:07 | Astucien
7087 Messages
| [img]http://yelims.free.fr/Coucou/Coucou10.gif[/img]
ADSL disait :
| La constitution permettra précisément une europe plus démocratique. Ce type de dérives ( directive bolkestein) sera justement plus facile à éviter. |
[img]http://www.freegaia.com/smileys/endesaccord/endesaccord17.gif[/img]
Puisque le pouvoir sera dirigé au sein du gouvernement Européen et non au sein des pays concernés, tu parles !...
Non n'aurons qu'un droit, celui de courber l'échine et de la fermer.
Pardonne-moi, mais comment peut-ont dire pareilles âneries.
Là franchement, c'est de la désinformation pure et simple !
Pourquoi avoir encore ajouté un topic et non ajouté tes messages à la suite des autres ?
Trop de vérités pas bonnes à entendre dans les autres topics ?
Je viens d'avoir un "flash"...
"La révolution du NON" (Comme en Italie)
Je ne sais plus quel Astucien disait ceci :
"[...]je voterai OUI pour mes enfants... [...]"
Heuuuuuuuu ça ne doit certainement pas être une personne qui n'a pas les moyens de placer ses enfants à l'école PRIVÉE...
Je suis que Nénesse le Baron souhaite de tout son coeur cette (future ?) EUROPE pour ses enfants, pardi !!!
Bin mais le français moyen n'a RIEN à gagner lui dans tout ça, au contraire puisqu'il sera au dessus de la table [img]http://www.freegaia.com/smileys/heureux/heureux22.gif[/img]
JE SUIS POUR L'EUROPE, MAIS surtout PAS CELLE du CNPF, des multinationales et de la Banque Centrale !
Amicalement.
Votez en pets !
| | | | | ADSLgratuit | Posté le 05/04/2005 à 20:57 | Astucien
1919 Messages
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Puisque le pouvoir sera dirigé au sein du gouvernement Européen et non au sein des pays concernés, tu parles !...
Non n'aurons qu'un droit, celui de courber l'échine et de la fermer.
Pardonne-moi, mais comment peut-ont dire pareilles âneries.
Là franchement, c'est de la désinformation pure et simple !
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Franchement JP, cela ne me dérange pas qu'un gouvernement européen prenne les décisions à la place d'un gouvernement français paralysé par des citoyens qui ont peur du changement.
L'Europe prendra des décisions à la majorité qualifiée, donc retrouvera une dynamique qui , je l'espère, nous fera à nouveau croire que la politique peut améliorer les choses.
Et ce qui garantit le fait que des directives pondues en douce par des technocrates seront plus faciles à éviter, c'est que l' Europe se dotera d'un président.
C'est capital:
Ce président pourra avoir une vision cohérente et globale de la politique. Autrement dit, il ne s'agira plus d'un amoncellement de loies sans idées directrices.
Y a t'il un garde-fou si la politique de ce président ne nous convient pas ?
OUI : Nous avons toujours un président français élu au suffrage universel. Et si notre vote porte à la tête de la france un président de la république française qui désapprouve profondément la politique européenne, rien ne l'empêche de sortir la france de l'union européenne. Comme rien ne nous empêchera de réintégrer cette europe lorsque l'on constatera que c'est une erreur profonde.
[img]http://archives.cnn.com/2001/WORLD/europe/06/13/eu.summit.preview/story.flag.jpg[/img]
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Pourquoi avoir encore ajouté un topic et non ajouté tes messages à la suite des autres ?
Trop de vérités pas bonnes à entendre dans les autres topics ?
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là c'est ridicule. Rien ne t'empêche de remonter le topic de torrent.
Si j'ai créé ce topic, c'est pace que le post d'entrée est un appel au OUI ( alors que dans le post de toorent, on attend un bon moment avant de savoir ou il voulait en venir , à savoir militer pour le non, ce qui est parfaitement son droit ). Et puis son topic devenait long, alors pour une visibilité plus claire de mon message, je n'ai pas hésité. Et c'est aussi mon droit.
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Je ne sais plus quel Astucien disait ceci :
"[...]je voterai OUI pour mes enfants... [...]"
Heuuuuuuuu ça ne doit certainement pas être une personne qui n'a pas les moyens de placer ses enfants à l'école PRIVÉE...
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On peut être de situation modeste et croire à l'europe. Je gagne le SMIG !
Quand à juger une personne sur son patrimoine, c'est bête. d'abord tu ne sais pas si cet astucien est pété de fric, mais tu l'imagine simplement parce qu'il "vote pour ses enfants" ?
En réalité, peut-être que cet astucien sait que la construction européenne se fera dans la douleur à court terme, et qu'on la co nstruit pour les générations à venir.
Mais il sait que cette douleur est nécéssaire.
[img]http://www.european-left.org/img_content_el/eu_flag_ust2002_02.jpg[/img]
Enfin, savoir si on est autour de la table, au-dessus ou en dessous: personnellement, tes métaphores me donnent le tournis.
Modifié par ADSLgratuit le 06/04/2005 20:42 | | | | | Jean-Pierre | Posté le 05/04/2005 à 22:20 | Astucien
7087 Messages
| Re,
ADSL disait :
| Enfin, savoir si on est autour de la table, au-dessus ou en dessous: personnellement, tes métaphores me donnent le tournis.
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Certes, mais tu es avec nous AU DESSUS de la table, regarde :
Sans s'occuper de la légende, voilà ce qui se passe lorsque l'on est AU DESSUS de la table :
[img]http://www.amnistia.net/news/articles/mcdosynd/mcdosynd.gif[/img]
[img]http://www.freegaia.com/smileys/boireetmanger/betm13.gif[/img]
| | | | | Miaou | Posté le 05/04/2005 à 22:27 | Petite astucienne
87 Messages
| Ceci est un doublon.
[url]http://forum.pcastuces.com/sujet.asp?SUJET_ID=163805[/url] | | | | | ADSLgratuit | Posté le 05/04/2005 à 23:10 | Astucien
1919 Messages
| Miaou, étant donné l'enjeu du débat, 2 topics ne seront pas de trops.
Si j'ai créé ce topic, c'est pace que le post d'entrée est un appel au OUI ( alors que dans le post de torrent, on attend un bon moment avant de savoir ou il voulait en venir , à savoir militer pour le non, ce qui est parfaitement son droit ). Et puis son topic devenait long, alors pour une visibilité plus claire de mon message, j'édite un topic plaidant pour le OUI dès le 1er Post. Et c'est mon droit.(bis repetitas).
J'invite les personnes favorables au OUI à faire remonter ce topic jusqu'au référendum. Je suis ouvert à la controverse et souhaite que le débat soit élégant.
Amicalement
[img]http://www.coe.int/T/E/Com/About_Coe/flag-2.gif[/img]
Ce que j'ai pu lire sur divers topics indique que certains sont contre la constitution européenne parce qu'elle participe à la mondialisation.
[img]http://perso.wanadoo.fr/persodid/mondialisation.jpg[/img]
Ben oui, on peut être contre la mondialisation, mais on ne peut nier que ce processus est irréversible. A nous de savoir si on veut être les dominés ou les dominants.
Aussi maladroite que vous paraisse la constitution, elle vise à faire de l' Union Européenne la 1ere puissance economique mondiale.
C'est possible ( à horizon lointain ), et croire que sous prétexte que la constitution ne règle pas tous les problèmes immédiatement, certains démagos traitent le politique de menteur. C'est ignorer volontairement que la construction politique de l'europe est un processus long et qui ne peut se faire que par étapes : la constitution européenne est l'une d'elles.
Alors je dis;: Oui, nous avons besoins d'un CNPF, de même que nous avons besoin de syndicats. Oui, les "nantis" existeront toujours, comme ils ont toujours existé, dans tous les systèmes politico-économique que l'histoire des hommes a généré. Alors au lieu de crier "au loup", dites-moi comment concrètement vous pensez lutter contre ?
Le NON à la constitution ne les appauvrira pas. Un "Patron" préfère un système dérégulé à la régulation rapide qu'aurait pu entrainer la constitution européenne, grâce à l'adoption des loies à la majorité qualifiée.
Comment a t'on pu voter pour établir la securité sociale, le RMI, et toutes les loies qui protègent nos acquis ? grace à la majorité qualifiée. Si en france les textes étaient votés à l'unanimité, on aurait pas le pays qu'on a.
A nous de savoir si nous voulons subir la mondialisation, ou bien en être partie prenante. C'est pour cela que je vote OUI.
Modifié par ADSLgratuit le 17/04/2005 19:06 | | | | | Torrent | Posté le 05/04/2005 à 23:20 | Astucien
1076 Messages
| J'abonde dans le sens d'ADSL pas cher, il faut laisser le OUI s'exprimer, que dis-je, nous matraquer. Les urnes c'est dans deux mois............
Ceci dit, oui-oui était une BD sympa. Un truc pour les mômes. | | | | | Halambra | Posté le 05/04/2005 à 23:24 | Astucien
1072 Messages
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paraît que le OUI ouvrirait en grand les portes de l'europe à la turquie...vrai ?
Modifié par Halambra le 05/04/2005 23:24 | | | | | ADSLgratuit | Posté le 06/04/2005 à 09:08 | Astucien
1919 Messages
| Halambra a écrit :
paraît que le OUI ouvrirait en grand les portes de l'europe à la turquie...vrai ?
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Seuls certains opposants au OUI osent brandir cette fausse info.
La Turquie n'est pas au menu de la constitution européenne.
D'ailleurs, je suis POUR la constitution, et extremement réservé quand à la turquie au sein de l'Union.
Mais ceci est un autre débat qui n'a rien à faire sur ce topic
Sois rassuré, ton OUI n'est pas un OUI à la Turquie.
|
[img]http://bernardlequillec.free.fr/Delors/SAVE0009.JPG[/img]
Europe
JACQUES DELORS
«Ils vous mentent !»
[img]http://bernardlequillec.free.fr/Delors/SAVE0012.JPG[/img]
L'ancien président de la Commission européenne est en colère. Pour lui, le traité constitutionnel est victime d'une véritable opération de désinformation. On peut évidemment voter oui ou non... A condition de revenir à la vérité du texte.
Le Nouvel Observateur. — Beaucoup de partisans du non présentent la Constitution comme un « carcan libéral » qui obligerait la France à mener une politique dont elle ne veut pas...
Jacques Delors. — Ils mentent.
N. O. — Mais encore ?
J. Delors. — Ce sont des mauvais bergers, des joueurs de flûte. Comme tous les textes européens, la Constitution est un compromis entre droite et gauche, entre libéraux et sociaux-démocrates. Par rapport aux textes précédents, elle représente une avancée indiscutable qui a été arrachée par la gauche européenne dans la phase préparatoire. C'est mentir que ne pas le reconnaître. Dans la déclaration de principes comme dans la charte des droits, les conquêtes sociales sont protégées au niveau juridique le plus élevé. C'est un grand progrès. Aucun Etat de l'Union ne peut se voir imposer un recul de sa législation sociale. Aucun. Tous sont libres de développer et d'améliorer leur protection sociale. Tous. Ce texte est le plus social de tous les textes européens jusqu'ici mis en oeuvre.
N. O. — Un texte qui cite 27 fois le mot « concurrence » n'est-il pas libéral ? (1)
J. Delors. Alors vous aussi, vous vous laissez prendre ! Cette présentation est elle aussi mensongère. Savez-vous que le mot « social », lui, revient 89 fois ? Alors ? Ceux qui citent seulement la « concurrence libre et non faussée » mentent par omission. A dessein, ils gomment toutes les parties sociales du traité. Evidemment, en tronquant le texte, il est facile de faire peur ! Lisez-le, au lieu de les écouter ! Vous verrez que la Constitution est un texte où la préoccupation sociale existe tout autant que le souci économique. C'est un compromis équilibré. Ceux qui à gauche le dénigrent ont autre chose en tête. Ce sont des nostalgiques de la rupture. Il faudrait que la Constitution soit d'emblée socialiste ! Il faudrait faire du jour au lendemain l'Europe de nos rêves, l'Europe de nos chimères ! Sinon on arrête tout ! Mais enfin qui ne voit que cela ne mène à rien, ne correspond à rien, ne signifie rien.
(1) Le mot « social » ou « sociales » ou « sociaux » apparaît 89 fois sans compter la locution « comité economique et social" qui, elle, revient 52 fois.
N. O. — Pourquoi cette insistance du traité sur une «concurrence libre et non faussée » ?
J. Delors. — Mais enfin ce principe est en vigueur en Europe depuis que nous avons signé le traité de Rome, c'est-à-dire depuis 1957 ! Il est bien temps de s'en inquiéter !
Je vais vous dire de quoi il s'agit, parce que tous les fantasmes circulent sur cette question. Le premier but de ce principe, c'est de lutter contre le capitalisme monopolistique qui tend à créer des positions dominantes et des cartels faussant le libre jeu de la concurrence. Comme le traité de Rome, la Constitution veut lutter contre ces perversions du marché qui sont nuisibles aux citoyens et pas seulement aux consommateurs.
N. O. — Parfois l'État, pour des raisons sociales ou pour préserver l'équilibre d'une région, estime utile de subventionner telle ou telle activité. Le principe de la « concurrence libre et non faussée » l'interdira...
J. Delors. — Là aussi, vous vous êtes laissé prendre ! La Constitution n'interdit en rien les subventions dans les cas que vous citez. Elle ne les interdit pas non plus quand il s'agit de permettre à un service d'intérêt général de remplir sa mission.
Je cite le texte : « Les services [d'intérêt général] fonctionnent dans des conditions, notamment économiques et financières, qui leur permettent d'accomplir leur mission. » C'est clair. Par exemple quand la SNCF veut maintenir une ligne déficitaire pour aider une région ou une ville, elle en a le droit. Ou encore quand La Poste, à la demande des élus, veut maintenir un bureau ouvert dans un petit village, elle en a le droit. Si la subvention est transparente et justifiée, rien ne l'interdit. Et si la Commission intervenait — il lui est arrivé de se tromper... — les Français feraient appel devant une juridiction européenne qui leur donnerait raison en s'appuyant précisément sur le texte de la Constitution. Le traité qui nous est proposé renforce l'État de droit en Europe. Ce traité nous protège !
N. O. — Il y a tout de même des cas où l'Europe a combattu des politiques de subvention...
J. Delors. — Oui. La subvention devient illicite si l'on estime que l'entreprise qui en bénéficie — publique ou privée — se sert de ces fonds pour racheter d'autres entreprises en Europe ou bien pour envahir le marché du pays voisin. D'où l'expression « concurrence non faussée ». Mais n'est-ce pas normal ? Que dirions-nous si un Etat voisin subventionnait outrageusement son industrie de manière à inonder notre marché intérieur de ses produits ?
La Constitution permet de régler ces conflits par la règle de droit et non par la guerre commerciale entre Etats. C'est un progrès.
N. O. – Nous parlons ici des règles énumérées dans la troisième partie, qui décrit les politiques de l'Union. Beaucoup de gens estiment que cette partie n'a pas à figurer dans une Constitution et que sans elle ils voteraient volontiers pour le traité...
J. Delors. – Cette troisième partie existe parce qu'il fallait bien mentionner les traités existants, c'est-à-dire les règles du jeu qui sont maintenues. Ces traités, la France les a déjà tous signés et ratifiés !
N. O. – On aurait pu s'abstenir de les adjoindre au texte...
J. Delors. – Dans ce cas, il aurait fallu y renvoyer sans les citer et l'on aurait été accusé de cacher les vraies clauses du contrat, comme le faisaient certaines compagnies d'assurances qui imprimaient des paragraphes en caractères minuscules pour les dissimuler aux yeux de l'assuré naïf.
Nous n'allions pas les annuler, tout de même, ces traités ! Nous les avons approuvés ! Ce sont eux qui régissent l'Europe d'aujourd'hui. C'est un règlement de copropriété. S'ils disparaissent, l'Union européenne n'a plus de base juridique pour son fonctionnement quotidien.
La Constitution est une avancée parce qu'elle leur ajoute des garanties nouvelles : la charte des droits, à laquelle nous pourrons nous référer pour protéger nos libertés, et une organisation des pouvoirs plus efficace et plus démocratique.
Si le traité constitutionnel est rejeté, seuls restent les textes actuels.
Autrement dit, on nous explique que pour lutter contre des textes qu'on juge mauvais, il faut rejeter le traité qui les complète et les corrige. On vote non à cause de la troisième partie du traité constitutionnel et au bout du compte, que reste-t-il ? La troisième partie ! Quelle logique !
N. O. – Les adversaires du traité estiment que cette troisième partie, qui décrit des politiques, sera « gravée dans le marbre », que l'on ne pourra plus y toucher...
J. Delors, – Ni plus ni moins que les traités actuels. Pour réformer le traité de Nice, il faut l'unanimité des pays européens. Heureusement, d'ailleurs, parce que sinon la France pourrait se voir imposer des dispositions dont elle ne veut pas.
Ce sera la même chose pour la Constitution : il faut l'unanimité pour la changer. Autrement dit, pour refuser une Constitution « gravée dans le marbre » on s'en tient à un traité également « gravé dans le marbre » mais moins satisfaisant. Où est la logique ? J'ajoute que le traité qu'on nous propose présente des innovations importantes.
Dans le traité de Nice, la France représente 9% des votes. Dans la Constitution, elle passe à 13,35%.
Dans le traité de Nice, les six pays fondateurs détiennent 36% des voix. Dans la Constitution, ils pèseront 50%.
Je crois que vous pouvez me faire le crédit de connaître un peu le fonctionnement de l'Europe. Je peux vous l'assurer cela fait une grande différence !
Ce qu'on « grave dans le marbre » en disant non, c'est la perte d'influence de la France et des pays fondateurs. Bravo ! Deuxième point important : le nouveau traité donne aux citoyens un droit de pétition...
N. O. – un droit théorique ! Il faut un million de signatures et l'accord de la Commission pour que la pétition soit examinée...
J. Delors. – Vous vous êtes encore laissé intoxiquer ! Mais enfin, faites un peu de politique, bon dieu ! Vous croyez sans doute que si les syndicats européens se mobilisent contre une mesure inadmissible, on pourra refuser de les écouter ? Ils comptent environ 60 millions de membres. Ils peuvent faire des pétitions énormes. Imaginez qu'ils exigent la réécriture de la directive Bolkestein. Imaginez qu'ils se mettent d'accord pour demander un salaire minimum européen (pas le même partout évidemment, mais une garantie minimale pour tous, adaptée au niveau de chaque pays). Vous pensez sérieusement que la Commission pourra mettre leur demande au panier ? Nous sommes dans un espace démocratique. La Démocratie, c'est la lutte ! Pourquoi la gauche serait-elle battue d'avance ? La Constitution nous donne des droits. A nous de les faire valoir.
N. O. – Beaucoup ne veulent pas une nouvelle fois voter avec Chirac. Ils disent que la confusion gauche-droite et l'unité des élites autour de l'Europe font le jeu du Front national.
J. Delors. – Mais pour ça, il y a des élections ! Ne confondez surtout pas 2005 et 2007 ! S'il s'agit de sanctionner un pouvoir, de provoquer un changement de politique, de rejeter les élites, il faut le faire au moment de l'élection prévue pour cela : l'élection présidentielle, qui sera suivie d'une élection législative. Il y aura deux tours à chaque fois, toutes les nuances de l'opinion seront représentées. Le mécontentement, que je comprends très bien, aura toute possibilité de s'exprimer. Mais de grâce, ne prenez pas l'Europe comme bouc émissaire !
N. O. – Beaucoup de partisans du non, à gauche notamment, se disent européens. Ils veulent seulement une Europe meilleure que celle qu'on leur promet dans cette Constitution...
J. Delors. – C'est vrai. Ils sont parfaitement respectables. Ils ont en quelque sorte une vocation européenne contrariée. Mais je leur dis solennellement : attention, on vous trompe ! Dire non à la Constitution, c'est bloquer la marche de l'Union, c'est dire non à l'Europe.
Il n'y a pas de plan B. Si la Constitution est rejetée, nous resterons avec le traité de Nice et une Europe plus libérale que celle de la Constitution, voilà tout.
N. O. – Mais s'il est interdit de voter non, pourquoi un référendum ?
J. Delors. – Le référendum donne le pouvoir au peuple de refuser l'Europe que nous construisons depuis cinquante ans. C'est la moindre des choses en démocratie : l'Europe doit se construire avec le consentement des peuples. S'ils n'en veulent pas, ils doivent pouvoir le dire. Voilà pourquoi nous votons : au fond, pour donner aux souverainistes une nouvelle chance de faire prévaloir leur point de vue. C'est ainsi dans tous les pays d'Europe : la discussion oppose les souverainistes et les européens. Si l'on veut de l'Europe, on vote oui. Si l'on n'en veut pas, on vote non. C'est le vrai débat. Le " non européen ", où cela nous mène-t-il ?
Si l'on veut « une autre Europe », on se bat à l'intérieur. Si l'on sort, c'est qu'on est contre l'Europe. Voilà le vrai choix démocratique.
Chacun est libre de voter non. Mais chaque citoyen doit savoir qu'en votant non, il vote non à l'Europe.
N. O. – Pourquoi pas une renégociation ?
J. Delors. – Mais c'est une chimère ! Bien sûr qu'il reste bien des combats à mener. L'Europe à laquelle j'ai contribué comme président de la Commission était fondée sur trois principes :
la compétition qui stimule, la coopération qui renforce, la solidarité qui unit.
En matière de coopération, il reste beaucoup à faire, qu'il s'agisse de la politique économique, de la recherche ou des investissements dans les infrastructures. Nous pouvons et nous devons continuer le combat. Mais vous croyez que nous pourrons le continuer seuls après avoir dit non ? Vous croyez qu'on pourra simplement refaire le traité à notre seule convenance ? Mais si cela avait été possible, ce serait déjà fait ! Il y a en Europe des ennemis puissants de l'intégration politique, à droite notamment. Ils ont accepté ce compromis parce que la France ainsi que la grande majorité des parlementaires européens l'ont demandé et que l'Allemagne et quelques autres pays l'ont voulu. Si la France dit non, ils sauteront sur l'occasion. Nous savons pertinemment que la Grande-Bretagne ne veut pas d'une Europe politique. Vous voyez bien qui se réjouirait de la défection de la France. Dans cette fâcheuse hypothèse, nous aurions un espace économique sans boussole et sans âme. Il faut se battre à l'intérieur, avec nos alliés. Pas à l'extérieur, seuls.
N. O. – Beaucoup de gens pensent que la Constitution légitime lE dumping fiscal...
J. Delors. – Non. Là aussi, c'est une bataille. Le traité n'a pas tranché sur ce point. S'il avait décidé ce que vous dites, je serais contre ! Les intégristes du libéralisme veulent qu'on ajoute à la concurrence entre les entreprises, sur les marchés, une compétition entre les nations. Là est le grand danger.
N. O. – C'est le moins-disant social, qui favorise les délocalisations...
J. Delors. – Oui. C'est un combat politique à mener : il faut renforcer le pilier économique face au pilier monétaire. Si l'on coordonne les politiques économiques, il faudra aussi coordonner les politiques fiscales. Le premier effort doit porter sur l'impôt sur les bénéfices. C'est là qu'il y a dumping. Pour l'instant, rien n'est fait dans ce domaine. Mais rien n'est interdit non plus. Si un pays veut consacrer 40% de son PIB aux dépenses publiques et un autre 60%, rien ne l'interdit. Rien.
N. O. – Mais celui qui consacre plus d'argent aux dépenses sociales sera handicapé...
J. Delors. – Pas forcément. Regardez le Danemark. Il a plus d'impôts que la France. Pourtant c'est un des pays qui marchent le mieux ! Il y a 4% de chômeurs au Danemark. C'est aussi une question de dynamisme interne. Si la société est en mouvement, si l'économie est inventive et productive, s'il y a un réel Dialogue social, la menace est conjurée. Et si nous avons besoin d'une coordination à l'échelle européenne, battons-nous ! C'est déprimant de voir certains socialistes français renoncer, dire non et abdiquer, alors qu'ils n'ont que le mot « luttes » à la bouche. Je dis à mes amis, regardez tout ce que le mouvement ouvrier a obtenu depuis le XIXe siècle. Cela s'est fait pas à pas, selon la méthode social-démocrate. Ce n'est pas la rupture. C'est le combat permanent. Rome ne s'est pas faite en un jour. L'Europe non plus. Battons-nous !
N. O. – En disant non, nous pouvons instaurer des sauvegardes contre le dumping social et les délocalisations...
J. Delors. – Vous voyez la France instaurer seule des protections douanières contre la Pologne, la Hongrie, la République tchèque ? Nous serions le seul pays protectionniste en Europe.
D'abord, il faudrait sortir du marché commun, c'est-à-dire dénoncer le traité de Rome. Un détail !
Ensuite qui nous achèterait nos produits ? L'agriculture française, par exemple, vend plus de la moitié de sa production à l'étranger grâce à la politique agricole commune.
Si nous mettons des barrières aux frontières de la France, vous croyez que les autres pays vont continuer d'accepter que 40% du budget européen aillent à l'agriculture ?
N. O. – Certains estiment que l'Europe actuelle, à cause de sa politique monétaire notamment, bloque la croissance...
J. Delors. – La Constitution n'interdit en rien une avancée vers l'instauration d'un « gouvernement économique »> tel que le réclame une grande partie des gauches européennes. Elle accroît le poids des gouvernements et du Parlement, c'est-à-dire le poids de la politique face au monétaire. C'est un premier pas.
Mais l'essentiel n'est pas là : le sort de la France, à la fin des fins, est entre les mains des Français. L'Europe offre un cadre. S'agissant de la croissance et de l'emploi, elle ne résoudra pas les problèmes à la place des nations. Si des partisans du oui vous disent cela, ils mentent également. Aujourd'hui en Europe, il y a six pays dont le taux de chômage évolue entre 4% et 6% selon la conjoncture, alors que nous restons désespérément coincés au-dessus de 10% de chômeurs. Trois de ces pays sont en dehors de l'union monétaire, la Grande-Bretagne, le Danemark et la Suède, trois autres sont à l'intérieur, l'Irlande, les Pays-Bas et l'Autriche. Vous voyez bien que le facteur européen, même s'il peut nous stimuler, n'est pas déterminant ! L'Europe, ce n'est pas une assurance tous risques. Chacun à sa manière, ces pays ont fait les réformes qui leur permettent de s'adapter au monde qui est le nôtre et de conjurer la menace du chômage. Voilà le point essentiel. Si nous échouons dans ce domaine, nous devons nous en prendre à nos dirigeants et à nous-mêmes. Pas à l'Europe ! Nous pouvons nous battre dans le cadre du nouveau traité, je l'ai montré. Il nous donne de nouveaux droits et il accroît le poids de la France.
N. O. – Pour certains, en disant non, en résistant, la France accroîtra son influence...
J. Delors. – Quand la France a été à la tête de l'Europe, c'est parce qu'elle a exigé mais qu'elle a en même temps donné.
Au tout début de la construction européenne et en premier lieu de l'Allemagne, la mise en commun de certaines ressources (la Communauté européenne du Charbon et de l'Acier). Mais en échange, elle a donné son pardon (qui n'est pas l'oubli...).
Quand Valéry Giscard d'Estaing a fait le système monétaire européen, il a exigé que les monnaies ne flottent pas totalement. En échange, il a accepté des disciplines communes.
Quand Mitterrand a plaidé pour l'union économique et monétaire, il a voulu que la monnaie française ne soit pas dans une zone Deutsche Mark à perpétuité. Mais il a aussi donné : les Français ont accepté l'indépendance de la Banque centrale européenne.
Voilà deux personnalités très différentes, Giscard et Mitterrand. Elles ont exigé et donné en même temps. De même le chancelier Helmut Kohl : il avait contre lui 65% de la population qui ne voulait pas abandonner le Deutsche Mark. Il a exigé une contrepartie politique, l'accroissement des pouvoirs du Parlement européen. Il a donné, il a exigé, et ainsi convaincu son opinion publique. Quand j'ai relancé l'Europe en 1985, il a aussi accepté que l'Allemagne paie davantage.
Les grands hommes politiques ont toujours à la fois exigé et donné. C'est ce que nous demandons aujourd'hui aux Français. Donner et recevoir. L'Europe, ce n'est pas simplement une créance que l'on obtient, c'est aussi un don à l'histoire.
Propos recueillis par
LAURENTJOFFRIN
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[img]http://www.library.uiuc.edu/edx/EU/eurobricks_small.jpg[/img] Modifié par ADSLgratuit le 01/05/2005 15:02 | | | | | bay | Posté le 06/04/2005 à 09:53 | Astucien
5880 Messages
| Bonkour, en France vous avez plus de chance que nous , on vous consulte pour ce vote , en Belgique ( autre pays démocratique ) on ne consulte pas la population à ce sujet ![bombe] | | | | | LisaB | Posté le 06/04/2005 à 11:16 | Petite astucienne
525 Messages
| Bonjour
.. où l'on voit le malheureux ADSL mis en pièces dans trois ou quatre précédents topics,
à court d'argument,
remettre ça à usage interne
en attendant le renfort de l"aviateur fou" (j'explique c'est pas une injure mais un clin doeil à GIR_Meobius pour ceux qui connaissent)
et en attendant que Miaou, Torrent ... et tous ceux qui ont vraiment lu le projet ne lui réponde (Faites le svp, mai j'ai pas le coeur à tirer sur les ambulances).
A+
| | | | | koala01 | Posté le 06/04/2005 à 13:44 | Astucien
4715 Messages
| Salut,
Comme l'a dit bay, vous avez de la chance que vos politiques demandent votre avis, car en Belgique, la décision échape au peuple...
Je n'ai jamais caché être un ardent défenseur de l'Europe, donc, fatalement, mon avis ira en ce sens...
Cependant, il y a certaines interventions qui montrent qu'à l'évidence certaines personnes font des amalgames dangereux ou n'ont pas forcrément tout compris...
Par exemple, j'ai lu
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ce qui me choque le plus dans cette 1ere constitution européenne c'est l'absence des certains droits que je qualifie de fondamentaux:
le droit a l'avortement
le droit du travail
le principe de laicité
et j'en oublie encore
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Il faut savoir qu'une constitution n'est jamais que le "canevas" que doivent respecter le reste des lois...
Ainsi, l'interdiction de l'avortement (car rappelons quand meme que l'avortement n'a été légalisé qu'il n'y a pas si longtemps) peut etre considérée comme "anticonstitutionnelle" car elle s'éleve contre un des droits fondamentaux de la constitution: la liberté de chacun...
De meme, les grands débats sur le "principe de laicité" ne sont apparus que récemment en france et ailleurs...
Or s'il est vrai que, jusqu'à présent du moins, l'Europe est majoritairement d'obédiance chrétienne, il faut bien etre conscient que le "christianisme" à lui seul se subdivise en plusieurs cellules (orthodoxes, "romain d'occident", calvinistes...) et qu'il faut compter avec les autres religions qui, selon les régions, sont parfois géographiquement majoritaires (voir des pays ou la majorité est plutot musulmane ou juive)
La constitution européenne, donc, n'oblige absolument pas aux gouvernements des pays d'adopter telle ou telle position face à la religion, mais par contre, énonce le fait que tout citoyen est libre de choisir celle qu'il veut pratiquer...
| (...)la constitution américaine ne fait que douze pages(...) |
Mais la constitution américaine est, passe moi l'expression, un "vieux document, écrit sur peau de chevre, tout poussiréreux", qui, à l'extrème limite ne correspond plus à la situation actuelle...
Pensez à toutes les dérives qui ont cours au Etats-Unis sous pretexte que "En vertu du enieme amendement..."...
L'extra libéralisme dont la constitution américaine est à la base autorise n'importe qui à dire ou à écrire n'importe quoi, sans meme avoir besoin de le prouver.
Le pays est dans son ensemble riche, mais les riches sont très riches et les pauvres très pauvres (et il y a étonemment peu de riches pour énormément de pauvre)...Meme si la "classe moyenne" est confortable...Mais c'est quand meme grace à leur constitution qu'un chef d'entreprise peut se contenter de dire à son employé "Tu es viré, demain je veux pas te voir" et que l'employé se retrouve sans rien du jour au lendemain...
A la question
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