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falla
  Posté le 20/11/2008 @ 15:39 
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Astucienne

on m as fait partager ce texte que je trouve tres vrai ,je connais une personne qui en ecris bien d autre que je metrais as la suite.

bonne lecture


> Un jour je serai vieux , un jour je serai vieille ... Peut être ! ! !
>
> Belle fin de journée quand même ! !
>
> *************************

Un très beau texte qui fait réfléchir...

C'était une matinée chargée, environ 8h30, quand un homme d'un certain âge,

dans les 80 ans, est arrivé pour faire enlever les points de suture de son pouce.

Il dit qu'il était pressé car il avait un rendez-vous à 9h00.

J'ai pris ses coordonnées et lui dit de s'asseoir sachant que ça prendrait plus

d'une heure avant que quelqu'un ne puisse s'occuper de lui.

Je le voyais regarder sa montre, et j'ai décidé puisque je n'étais pas occupée

avec un autre patient, de regarder sa blessure.

En l'examinant, j'ai vu que ça cicatrisait bien, alors j'ai parlé à un

des docteurs, j'ai pris le nécessaire pour enlever ses points de suture

et soulager sa blessure.

Pendant que je m'occupais de sa blessure, je lui ai demandé s'il avait

rendez-vous avec un autre médecin ce matin, puisse qu'il était pressé.

L'homme me dit que non, qu'il devait aller dans une maison de retraite

pour déjeuner avec sa femme. Je me suis informé de sa santé.

Il m'a dit qu'elle était là depuis un certain temps et qu'elle était atteinte

de la maladie d'Alzheimer.

Comme nous parlions, je lui ai demandé si elle serait contrariée s'il était

en retard.

Il a répondu qu'elle ne savait plus qui il était, qu'elle ne le reconnaissait plus

depuis 5 ans.

J'étais surprise et lui ai demandé :

''Et vous y allez encore tous les matins, même si elle ne sait plus qui vous êtes?''

Il souriait en me tapotant la main et dit :

''Elle ne me reconnaît pas, mais moi, je sais encore qui elle est.''

J'ai dû retenir mes larmes quand il est parti, j'avais la chair de poule

et je pensais, que c'était le genre d'amour que je voulais dans ma vie.

Le vrai amour, ni physique ni romantique; le vrai amour est l'acceptation

de tout ce qui est, a été, sera et ne sera plus.

Avec toutes les blagues et le plaisir que sont les e-mails, quelque fois

il y en a un qui apparaît contenant un message important.

Celui-ci, j'ai pensé le partager avec vous tous.

Les gens les plus heureux n'ont pas nécessairement le meilleur de tout,

ils s'organisent du mieux qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont.

J'espère que vous partagerez ceci avec les gens qui se soucient des autres comme je l'ai fait.

La vie n'est pas d'échapper à la tempête, mais de danser sous la pluie.

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falla
 Posté le 20/11/2008 à 18:10 
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Astucienne

2em histoire
Il est 23h30, l'appartement est calme, les enfants dorment déjà depuis trois heures, ma femme vient de s'endormir et moi comme certains soirs j'attends le sommeil, alors j'essaie de m'occuper : un jeu sur l'ordinateur, puis la fin d'un film à la télévision mais toujours aucun signe de fatigue. Alors je sais que ce soir sera encore comme ces soirs où ils attendent. Où ils m'attendent... Eux, ceux qui me parlent, me racontent leur histoire et qui attendent que je vous livre leur message. Cela fait trop longtemps que je les garde pour moi, ils ont raison : il faut que je vous les délivre au fur et à mesure de leur visite, pour qu'enfin je recouvre un sommeil paisible.

Je ne les vois pas mais je les sens, ils sont autour de moi. Qui sera le premier ? Combien pourront me raconter leur histoire avant que le sommeil ne m'emporte ?
Alors pour ne plus les faire patienter, je m'installe dans le lit sans trop faire de bruits pour éviter que ma femme ne vienne perturber leurs confessions.

Ce soir, c'est Lucie qui ouvre la séance, c'est la deuxième fois qu'elle vient me voir : lors de notre premier contact, elle n'avait pas pu commencé son histoire car les pleurs d'une de mes filles qui venait de faire un cauchemar, l'ont effrayée.
Ce soir, elle va, enfin, pouvoir me livrer son message.

« Je m'appelle Lucie, je grandissais dans une belle maison à la campagne, j'adore les animaux, j'avais même un petit lapin qui s'appelait Freezbee, c'était ma petite mascotte. Dans notre jardin papa avait construit une petite cabane dans un vieux chêne et je passais beaucoup de temps dans cette cachette accompagnée de Freezbee et de Théo mon petit frère.
Théo est une petite peste, maman lui donnait presque toujours raison même quand c'était lui qui faisait des bêtises, je trouvais maman injuste mais elle n'était pas méchante, elle était belle, ma maman, elle a de grands yeux bleus et moi j'ai eu les mêmes qu'elle ; elle est grande, je suis sûre que je lui aurais ressemblée si... Elle avait une voix douce et pour nous parler elle se mettait presque toujours accroupie, elle nous disait que c'était un respect pour les enfants de parler à leur hauteur.
Elle travaillait dans un petit commerce, elle vendait des objets venus du monde entier et même qu'elle nous disait que parfois en les regardant, elle imaginait le pays d'origine, elle est très intelligente, elle ne travaillait jamais le mercredi, elle avait réservé cette journée rien que pour nous, elle nous répétait que mon frère et moi, nous étions ses plus beaux joyaux.
J'aimais l'entendre rire avec papa. Papa avait un rire bruyant, je suis sûre que les voisins l'entendaient malgré que leur maison se trouvait au bout du chemin. Papa est plus petit que maman, cela m' a toujours fait rire et mes copines au collège le trouvaient très beau, il avait un regard doux et jamais il m'a mis une fessé, ce n'est pas comme le papa de Jenifer qui la battait, elle avait même eu des bleus aux bras un jour, quand je l'avais dit à papa, il m'avait répondu que les adultes avaient parfois des gestes méprisables mais que ça ne voulait pas dire qu'il ne l'aimait pas. Moi, je disais qu'il était méchant son père ! Papa trouvait toujours des mots gentils même pour les méchants de la télévision, maman disait qu'il avait un trop grand cœur.
Papa travaillait à la pompe à essence, il nous racontait tous les soirs sa journée : toutes les personnes un peu étranges qu'il avait rencontrées. Il était apprécié de ses clients, lui aussi avait pris son mercredi après-midi pour que toute la famille soit réunie, il trouvait que nous grandissions trop vite et que chaque minute passée avec nous lui procurait plein de joie.
Il jouait un peu plus avec Théo, c'est normal c'est un garçon !
Théo a quatre ans de moins que moi, mes copines et moi, on l'appelait « p'tite boule » car il était petit et il avait de grosses joues, il n'aimait pas quand on l'appelait comme ça, il nous courrait après pour nous cracher dessus.
Théo n'avais plus le droit de monter dans la cabane car une fois il était tombé et il avait eu le bras cassé, je sais bien que papa m'en avait voulu cette fois-là car il m'avait dit de le surveiller, que les grandes sœurs devaient protéger leur petit frère et pendant les deux jours qui ont suivi il ne m'avait pas beaucoup parlé, puis après tout est revenu comme avant. N'empêche que c'était pas de ma faute car Théo voulait me prendre une poupée dans la cabane et c'est quand il est descendu qu'il est tombé, il voulait se dépêcher pour pas que je le rattrape.
Il n'y avait pas que des chamailleries entre mon frère et moi, nous étions complices surtout quand les périodes de fêtes arrivaient, depuis qu'on ne croyait plus au Père-Noël, nos parents avaient décidé de choisir nos cadeaux dans le grand magasin, là il n'y avait plus de dispute, aussitôt nous étions dans la voiture, sages et impatients.
Moi j'avais beaucoup de chance car mon anniversaire était quelques jours après Noël : c'était le double de cadeaux pour moi !
Enfin ce jour des achats était arrivé en ce mercredi de début décembre, papa, maman, Théo et moi allions rayon par rayon admirer tous ces beaux jouets, bien-sûr moi, je savais déjà ce que je voulais : j'avais pris soin de découper dans le catalogue qu'on avait reçu à la maison, certains jouets qui avaient attiré mon attention.
Çà y est, on était arrivé ! Théo commençait à vouloir tout prendre, à chaque pas il trouvait un nouveau jouet ! Ah, il commençait à m'agacer ! Moi, je voulais aller directement au rayon des filles mais maman tenait à ce qu'on soit patient et on devait commencer par le plus petit, alors je me refaisais ma liste dans ma tête quand je me suis aperçue que j'avais oublié mes jouets découpés dans le catalogue dans la voiture. En plus, on arrivait dans mes rayons alors vite j'ai demandé à maman les clés de la voiture pour aller chercher mes images. Je voyais bien que maman était en colère après moi, je lui promis de faire très vite.
Je n'avais qu'une seule pensée : revenir rapidement au magasin pour admirer mes jolis jouets. Je ne pensais à rien d'autre, c'est là que j'ai entendu ces grincements, puis il y a eu un énorme bruit, tout autour de moi tremblait, je croyais que c'était un tremblement de terre puis il y a eu cette très grande douleur mais elle n'a duré que très peu de temps et après plus rien.
Je n'ai pas compris ce qu'il s'était passé à ce moment là.
Puis, j'ai pu voir la scène de l'accident en spectatrice et suivre ce qui s'est passé après ma mort.
Mes parents ont été appelés à l'accueil du magasin, l'hôtesse était en larmes, mon père avait les yeux braqués sur les gyrophares de l'ambulance des pompiers, il avait compris aussitôt ce qu'il s'était passé. On aurait dit une statue : il ne bougeait plus, même pas un cil.
Ce cri qui perça tout le brouhaha du magasin était celui de ma maman. Elle accoura sur les lieux en suppliant le Seigneur d'épargner sa petite fille. Ma petite maman, il était déjà trop tard. Le temps ne compte plus où je suis maintenant.

Si je viens vous rendre visite ce soir, c'est que j'ai un message pour vous car depuis ce tragique fait divers, mes parents ont divorcé : mon père avait accusé ma mère de cet accident, puis les jours suivants le climat était devenu très tendu, mon petit frère faisait cauchemar sur cauchemar, maman dormait dans la chambre de Théo pour le rassurer et papa dormait dans mon lit. Après plusieurs mois, ils ont déménagé : papa seul de son coté et maman avec Théo.
Cela fait deux ans que je suis morte et papa n'a jamais repris contact avec maman et il n'a pas voulu voir Théo. Quant à maman, elle prend des cachets pour oublier et elle ne ressemble plus à la jolie maman que j'avais et mon petit frère est devenu un petit voyou sans aucune autorité parental.
Je veux juste dire à maman que ce n'est pas de sa faute, j'ai traversé sans regarder et je n'ai pas emprunté le passage pour les piétons comme elle me le répétait souvent. Ce n'est pas ta faute maman, je veux que tu reprennes goût à la vie car je suis là à veiller sur vous.
Papa, maman a besoin de toi, je sais que je te manque chaque jour que Dieu fait mais rien ne pourra me faire revenir et Théo a besoin de son papa alors vas rejoindre ceux que tu as laissés, ceux que tu aimes, vas mon papa les aider et sache que je resterai toujours ton petit ange.
Je vous aime
Lucie.
Merci à vous pour ce message. »

Le sommeil m'a enfin rattrapé et demain une nouvelle journée m'attend.
Je ne sais pas quand, mais je sais que je serai amener à vous dire de nouvelles fois que j'ai un message pour vous.

falla
 Posté le 20/11/2008 à 18:13 
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Astucienne

Je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, voici une nouvelle histoire, un nouveau message. « Moi, j'suis Robert, ma vie à moi, elle n'a jamais été bien rose plutôt rouge que rose d'abord ! Quand je dis rouge c'est pas du sang que j'cause, c'est l'pinard, j'sais bien que les m'sieurs-dames ne comprennent pas mais c'est qui sont jamais mis à coté d'nous sur l'carton pour savoir c'qu'on foutait là ! Moi, j'ai été marié à une bon'femme qui me méritait pas, faut pas croire j'buvais pas au début, je travaillais à la ville, c'est qui faisait chaud sous le soleil le balai à la main, mais c'était de l'eau à l'époque aux heures d'boulot, après on se r'trouvait entre gars du balai pour s'en lécher une, mais ça f'sait pas d'nous des ivrognes. Elle était bien contente de bouffer mon pognon l'autre pin-up, elle avait toujours des belles tenues sur le cul et moi j' traînais en bleu, j'sais même pas pourquoi elle a voulu de moi, celle là ! Pis, y a tout qu'a déraillé, c'était en été 80, elle est partie avec un pince-cul du quartier, c'est clair qu'il avait du pognon l'gars ! Encore heureux qu'on n'ait point fait d'gosse. Elle m'a tout pris la salope, les meubles de mes parents que j'avais eu à leur mort, les économies qu'on avait placé sur un compte pour que ça rapporte, moi j'me suis r'trouvé avec mes culottes et mes bleus d'travail, alors j'suis parti avec l'peu d'affaires, j'n'ai pas voulu rester dans la maison ni retourner au boulot. J'suis parti à la grande ville pour oublier, mes malheureux francs en poches se sont vite épuisés et ç'est là que j'ai connu mon grand ami Émile, mon bon vieux pote Milou, il avait une sacrée descente, y en n'a pas beaucoup qui pouvait l'coucher l'Milou. Il a mis longtemps avant de m'raconter son histoire, pis un soir il s'est ouvert comme un bouquin c'est là que j'ai su qu'on s'rait amis jusqu'à la fin, lui il avait fait d'la prison pour avoir planté un mec qui n'voulait pas lui donner du fric ; après avoir séjourné au frais il était ressorti comme neuf il avait même eu du boulot puis y a eu l'usine qu'a fermé et Milou n'avait pu d'quoi payer son loyer il est parti avec juste un parapluie et sa vie de rue a commencé comme ça , j'suis sûr qu'il m'avait caché un peu de sa vie mais j'voulais pas remuer le passé alors on n'avait jamais pu en reparler, d'sa vie. C'est à ce moment-là que j'suis passé du coté d'ceux qu'on r'garde pu, la honte de la société qui disent ceux qu'ont des grosses bagnoles, y connaissent pas la misère, y ont des cuillères en argent dans l'bec, nous c'est l'litron qu'on a et ç'est bien un réconfort parc'que ça n'a pas été facile tous les jours : qu'il fasse du vent, qu'il pisse la flotte ou qu'il fasse très froid y avait pas d'toit pour nous. On n'allait pas aller s'faire voler nos affaires dans leurs refuges à ivrognes, non nous on avait une certaine classe et oui même pour des clodos on avait des principes mon vieux Milou et moi : déjà pas d'bonne femme avec nous ça s'était clairement dit, puis on avait dit qu'on mendiait pas l'dimanche, on voulait pas que l'bon Dieu nous engueule quand on s'rait là-haut, pis jamais on d'mandait la pièce, y a qu'quand l'Milou sortait son harmonica et c'est les gens qu'aimaient bien sa musique qui donnaient la pièce. Ça nous a bien dépanné plus d'une fois surtout quand il f'sait très froid, ça m'rappelle que, vous savez ben les magasins, y n'ont pas toujours été gentils y voulaient même pas qu'on prennent les cartons qui partaient à la poubelle et ben pour pas qu'on les prennent ils les coupaient en morceaux avec des cutters, on sait bien on l'savait vu faire une fois. Moi j'dis que c'est entretenir la misère, y n'ont point d'cœur ces gens-là ! J'leur espère pas d'connaître la rue un jour. Moi, j'ai dû m'faire aux dures lois de la rue vite-fait parce qu'entre clodos faut pas croire y a des clans aussi et si on peut t'chopper ta chopine, quitte à te foutre sur la gueule ben y a pas d'pitié. Y a l'Milou qu'avait reçu une caillasse dans la tête par le vieux Lulu, tout ça parce qu'on voulait pas donné not'sandwich qu'on avait trouvé dans la poubelle d'l'a maison d'en face à son clébard. Mon Milou y pissait l'sang, c'est qu'il voulait pas aller s'soigner, y voulait pas qu'on l'enferme après dans un centre ou une autre connerie dans l'genre ! C'est moi qui l'a guérit avec un bout d'mon pantalon, j'lui avait fait un bandeau autour d'la tête, il n'a pas été bien pendant plusieurs jour pis y s'est remis. J'n'arrivais pas à lui donner un âge à ce vieux fossile, y d'vait être au moins dix ans plus que moi. Vous savez, on s'voit pas sombrer, on n'se voit pas dépérir, on a même plus la notion du temps : on sait quand il fait chaud et on sait quand il fait froid, c'est tout. Plus l'temps passe, plus l'alcool se noie dans l'sang ou c'est p'tre ben l'contraire y a des fois ! Pis, y a les gens qui vous r'gardent de plus en plus mal parc'que nous, on peut pas remplacer nos vieilles guenilles alors on bouge de moins en moins et on se réchauffe de plus en plus avec notre liquide miracle. Et y a eu ce fameux grand froid, y'avait bien les m'sieurs les pompiers qui voulaient nous embarquer, ils avaient peur à notre santé qu'ils disaient mais nous, on voulait pas bouger alors y voulaient nous donner la soupe chaude, y avaient même pas d'pinard chaud ben on s'contentait. Pis, j'commençais à tousser j'ai ben vu qu'mon ami Milou y me r'gardait inquiet mais j'lui disais qu'ça allait passé, les jours d'grand froid n'arrêtaient pas, j'crois même qui f'sait de plus en plus froid, mon vieux roublard y m'couvrait d'cartons et y s'mettait dessus pour essayer de m'tenir chaud mais ma carcasse voulait pas s'réchauffer pis la toux était de plus en plus forte. L'Milou avait ben vu qu'y avait même du sang quand j'toussais c'est la première fois qui voulait mettre les pieds dans un hôpital, c'était pour m'emmener, mais c'était dans not'code de clodos : pas d'hosto, on avait dit ! Pis, j'lui avais promis qu'demain, j'me lèverai pour m'dégourdir les pattes, ça nous réchaufferait un peu. Il avait bien compris mon vieux copain : il nous avait fait une p'tite cabane avec les cartons puis y s'était accroché à moi pour m'tenir chaud, ben ça avait marché car dans la nuit je n'sentais plus l'froid et quand j'ai voulu l'dire à Milou, ben j'n'étais plus au bon endroit, ç'est là qu'j'lai vu mon Milou agrippé à mon corps, y dormait pas, y savait bien que j'l'avais laissé tombé, il est resté toute la journée qui a suivi à côté d'mon corps froid et ç'est bien la première fois que j'l'ai vu pleuré ce vieux gaillard ! Ben c'est que j'étais devenu sa seule famille pendant tout c'temps et maintenant y devrait se passer d'moi. Moi, l'message qu'j'veux faire passer c'est que si vous voyez un vieux clodo jouer de l'harmonica avec un vieux parapluie et ben donnez-lui une p'tite pièce m'sieurs-dames car c'gars-là ben c' était mon ami et ç'est l'seul qui va s'recueillir tous les jours où ma carcasse a été ensevelie. J'sais bien qu'personne prendra l'temps d'lui lire ces mots mais il sait que j'veille sur lui. A bientôt, mon vieil ami. Ton Bébert. »

falla
 Posté le 20/11/2008 à 18:15 
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Astucienne

Lundi 10 septembre

« Bénédicte, c'est mon prénom. Moi, ma vie a été si douce , si calme , pleine d'amour, est-ce vrai que le bonheur n'est pas fait pour durer ? C'est à vous que je pose la question !
Moi, je me croyais à l'abri de tous dangers : petite j'ai eu des parents aimants, étant fille unique je pouvais avoir l'exclusivité de tous ceux qui m'entouraient, alors je peux dire, oui mon enfance était digne d'un conte de fée.
A l'adolescence je n'ai pas été une enfant capricieuse et mes parents m'en ont toujours félicité, j'avais fait de mes études une priorité c'est pour cela que j'ai pu avoir une profession dont j'étais très fière : après plusieurs années de travail acharné, je suis devenue psychologue pour enfant. Pour moi, travailler avec les enfants était fondamental.

Puis l'amour est venu frapper à ma porte, des regards qui se croisent, des mains qui se frôlent, des sourires et peu à peu nos deux corps se sont rapprochés. Lui, il venait également d'un foyer aisé et nos vies se ressemblaient à si confondre : il était également fils unique, il était éducateur spécialisé pour les adolescents en difficultés, nos deux professions étaient complémentaires, nous avions les mêmes idéaux.
Un an après notre rencontre, nous avions annoncé à nos familles respectives nos fiançailles, la joie était dans les deux familles, nous n'avions qu'une année pour préparer un mariage féerique ! Une année, ce n'est rien, pensez à demain, puis tournez-vous et une année est déjà passée ! Le temps, c'est le temps qui a été mon premier ennemi : après le mariage qui fut magnifique la machine du temps s'est mise à la vitesse supérieur et dix années se sont passées sans qu'on s'en aperçoive car nos professions nous prenaient énormément de temps. Puis, il y a eu cette mission qu'on m'a proposée : partir six mois en Afrique pour aider les enfants d'un orphelinat. Sans aucune hésitation, j'étais déjà dans l'avion et ce qui me transportait de bonheur c'est que mon époux faisait parti de l'expédition. Quel bonheur quand on peut trouver l'homme qui comprenne et partage tous vos souhaits, vos désirs ! Notre amour était idyllique.
Arrivés en Afrique, à la vue de tout ce malheur : la faim, la maladie, leurs conditions de vie, c'est à ce moment là qu'on s'était rendu compte du privilège dont on peut bénéficier dans certaines parties du globe et ces pauvres enfants qui ne connaîtront pour la plupart qu'une survie et non une vie.
J'ai beaucoup appris pendant ces six mois et de retour en France, nous avions décidé de fonder une famille, depuis toutes ces années on s'était occupé des enfants des autres mais nous avions oublié de construire notre propre famille, alors on s'était décidé : je me suis pris un congé d'un an le temps de faire une petite merveille, mais malheureusement les mois sont passés trop vite ! Ah, le temps... Les derniers grains du sablier de l'année s'étaient écoulés et toujours pas de grossesse en vue, je commençais à douter : peut-être avions-nous trop attendu ! Puis, l'impatience a fait place à l'inquiétude : deux puis trois ans à essayer de faire un enfant mais rien ! Les amis qui nous entouraient et nous soutenaient, pensaient qu'on pensait trop à cette grossesse, ce qui semblait mettre une trop grande pression psychique, alors on s'était replongé dans notre travail ne comptant plus les heures. Les jours, les mois puis les années se sont succédés et comme tout arrive à ceux qui savent attendre, j'appris la veille de mes 45 ans que j'étais enceinte, moi qui n'y croyais plus ! Moi qui m'étais résignée à regarder et chérir les enfants des autres et bien non, j'allais devenir maman et même si mon corps avait subi les caprices du temps et bien j'étais prête à mettre ce bébé au monde, l'annonce de cette grossesse à mon mari fut une effusion de joie, de pleurs, il était transporté de bonheur, on était conscients qu'on ne serait pas de « jeunes » parents mais ça ne ferait pas de nous des mauvais parents pour autant surtout avec notre expérience auprès des enfants.
Nos parents respectifs n'y croyaient plus, la joie était visible sur tous les visages : ils allaient enfin devenir grand-parents, on avait fêté en grandes pompes cet inattendu, cet inespéré cadeau du ciel.
Tout au fond de moi, j'avais un peu peur du premier trimestre , je n'aurais pas supporté de faire une fausse couche, j'ai compté chaque jour et les trois mois se sont merveilleusement bien passés ! Je ne mettais jamais sentie aussi bien , puis ce fut l'échographie où on allait enfin savoir qui se cachait à l'intérieur, le sourire en coin le gynéco s'adressa à mon mari en lui demandant ce qu'il espérait, lequel avait répondu un bébé en bonne santé, mais un fils serait la cerise sur le gâteau et avec un clin d'œil le gynéco rétorqua : « Et bien, vous allez l'avoir votre cerise ! »
Mon mari m'avait couvert de baisers, on aurait un fils, il se portait à merveille ! En fin de grossesse, le gynéco me demanda de garder le lit le plus souvent possible car je me sentais très fatiguée ce qui était normal je n'avais plus vingt ans !
Je pense que c'est le neuvième mois qui m' a semblé le plus long, le petit coquin ne m'épargnait pas, il me donnait des coups à chaque instant, « ça sera un petit nerveux », disait mon mari et je lui répondais qu'on aurait beaucoup d'occupations à lui courir après.
L'accouchement était prévu dans une semaine mais le bambin en avait décidé autrement : les premières contractions sont arrivées à une heure du matin. Je prenais mon temps comme me l'avait demandé mon gynécologue : « Pas de précipitations, juste du calcul ! » m'avait-il dit, alors je comptais les contractions. Le seul problème, c'est que tout allait beaucoup trop vite et les douleurs devenaient insupportables. Mon mari appela en urgence l'ambulance puis quand il souleva le drap, j'ai vu son regard, il était effrayé. Il avait beau essayer de me rassurer, il y avait quelque chose qui ne se passait pas normalement : quand je me suis penchée, j'ai vu cette marre de sang qui tâchait les draps. J'étais prise de panique, des angoisses commençaient à se manifester, heureusement le médecin arriva tout de suite. Il constata que le travail était déjà bien avancé et qu'il serait impossible de me transporter à l hôpital. Les regards étaient tous braqués dans ma direction, la tension dans la pièce atteignait son paroxysme. A chaque fois que le médecin me demandait de pousser, je sentais mon corps se vider du peu de forces qu'il me restait. Il me demanda un gros dernier effort et je l'ai entendu crier, enfin il était là ! Il pleurait ! Mon fils était né et les rires de mon mari couvraient les pleurs du nouveau-né. Du bout des doigts, je lui ai touché la joue en lui souhaitant la bienvenue à mon petit garçon puis mon bras retomba sans force.
La chambre comptait une vie de moins. Mon mari s'aperçut quelques minutes plus tard de ce qu'il venait de se passer : il me tendait le bébé pour que je le tienne, il ne comprenait pas mon immobilité. Il partit avec le bébé dans l'ambulance comme si j'allais les suivre, je pense qu'il ne voulait surtout pas réfléchir et surtout ne pas admettre que le pire était arrivé. Je l'ai vu à la maternité : le médecin a essayé de lui faire comprendre mais il niait tout, il lui avait dit que je n'allais pas tarder ; qu'il m'attendrait dans la salle d'attendre. Un psy fut appelé et lui expliqua la situation mais rien à faire son cerveau ne voulait pas enregistrer la vision de mon corps sur le lit la dernière fois où il m'avait vue. C'est au bout de longues heures qu'il s'écroula épuisé.
Mon pauvre époux ! Il a élevé tout seul notre fils, il n'a pas refait sa vie, il s'est dévoué entièrement à l'éducation de notre enfant.
Aujourd'hui, mon message est pour mon fils car il est temps à son tour de rendre service à son père. Aujourd'hui, le malheureux va être mis en maison de retraite où personne ne lui rendra visite.
Mon fils, si tu lis un jour ce message et s'il n'est pas trop tard, il est temps pour toi de t'occuper de ton père ! Il a tout fait pour toi et ça fait six ans que tu es parti de la maison sans jamais retourner le voir, je sais que des milliers de kilomètres vous séparent mais ton père a besoin de toi !
Aide-le, n'oublie pas qu'il ne te reste que lui .
Reçois tout mon amour à travers ses mots.
Ta maman. »

falla
 Posté le 20/11/2008 à 18:16 
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Astucienne

Je n'avais que 22 ans et pour moi tout s'est arrêté, cela n'a pas été mon choix mais celui d'autres personnes.
Sarah, un prénom que mon père avait choisit : c'était celui de sa mère, je pense que c'est la seule chose qu'il ait décidée pour moi.
Petite, j'ai vécu entre trois frères, on peut même dire que j'étais le quatrième garçon car pour se faire une place dans cette fratrie, je devais user de force et de stratégie : foot, basket, karting ont bercé mon enfance. J'étais la seule fille de cette famille depuis que ma mère était partie de la maison pour lancer sa carrière dans la chanson, à part un ou deux disques qu'on a très peu entendus sur les ondes, elle a dû se contenter de petits bars miteux pour chanter en se faisant pincer les fesses, ça lui permettait certainement de survivre, on n'avait que très rarement de ses nouvelles : ça lui arrivait de nous souhaiter nos anniversaires, toujours en retard, mais le geste était quand même là.
Je pensais qu'un jour elle viendrait me chercher pour m'emmener avec elle puisque j'étais la seule fille et bien non, rien ni personne ne viendra, alors je me suis habituée à ces coups, ces gestes de mecs et à vivre dans un milieu de brutes, je devenais également une brute ce qui a fait fuir mon premier petit-amis mais ce n'était pas bien grave : il n'était pas très beau, j'ai juste eu mon dépucelage avec ce type.
L'école commençait à m'ennuyer , à m'énerver : toutes ces fi-filles maquillées en poupées, elles avaient une de ces tronches ! N'empêche qu'elles cachaient bien leurs pustules. Moi, je m'entendais bien avec une seule nana, c'était Leslie. Elle c'était de la bombe ! Pas besoin de fioritures, elle avait un corps qui faisait rêver les mecs et même p'tre pas qu'il y avait que les mec qui la reluquaient ! Moi, j'avais décidé de la prendre sous mon aile : le premier qui s'approchait d'elle, je lui faisais bouffer la terre ! Je l'ai poussée à partir avec moi dans un centre d'apprentissage, elle était du côté des vendeuses de fringues et j'étais juste dans le bâtiment d'à coté en apprentissage de mécanique : moi j'adorais avoir les mains dans le cambouis, j'étais plus rapide que mes frangins pour démonter et remonter un carburateur, ça les foutait en rogne de se faire battre par une meuf !
Au bout des deux ans de cet apprentissage, j'ai eu mon diplôme avec les félicitations des profs, Leslie elle aussi avait eu son diplôme dans la vente, il nous restait plus qu'à trouver du taf alors je lui ai proposé qu'on cohabite ensemble dans un p'tit appart pour avoir moins de frais. J'ai du être très persuasive car elle voulait rentrer chez ses parents car ils lui manquaient puis elle me trouvait un peu trop mec, pas assez féminine alors pour lui faire plaisir j'ai commencé à me maquiller, rien que pour elle ! Elle a finit par céder et on a emménagé dans un superbe appart pas trop cher : la vie de rêve ! Une semaine après, on avait toutes les deux trouvé un job c'était vraiment cool !
Le week-end, on a commencé à sortir en boite pour s'éclater, mais il y avait quelque chose qui m'énervait par dessus tout : c'était tous ces mâles qui lui tournaient autour en plus elle se trémoussait exprès, je lui ai fait plusieurs fois la réflexion mais elle me répondait que j'étais trop coincée, que je devais me lâcher ; c'était juste un jeu pour elle de faire enrager les mecs, c'est vrai que ça marchait bien ! Puis, elle a commencé à me reprocher également mes tenues : jeans, jeans et jeans, il n'y avait rien d'autres que des futes alors pour lui faire plaisir j'ai acheté des jupes courtes, des hauts sexy, elle voulait me mettre en valeur, c'est là que je me suis rendue compte qu'elle devait beaucoup s'intéresser à moi pour s'occuper autant de ma garde-robe, je l'écoutais et j'exécutais ses désirs : c'était ma princesse.
Au nouvel an, on avait organisé une méga fête : l'an 2000 devait être une année pas comme les autres et j'étais bien décidée à me révéler après les douze coups de minuit pour, enfin, avoir la vie comme je la désirais sans tabou et tant pis pour les personnes qui ne comprendraient pas, de toute façon moi, j'avais Leslie et c'était le plus important.
La fête battait son plein, on aguichait tous ces mâles en puissance. Je calmais de temps en temps les ardeurs de Leslie mais elle m'envoyait sur les roses à chaque fois, ça commençait à me gaver, puis elle s'est mise à embrasser ce type, là j'étais en furie j'ai chopé le type par les cheveux et lui ai fait embrasser mes pompes, aussitôt tous les regards se sont posés sur moi . Le type s'est relevé et il s'est barré avec ses deux potes, j'ai pris Leslie par la main pour l'inciter à rentrer et là elle était toute énervée : elle me reprochait de l'étouffer alors je me suis penchée sur elle pour la réconforter et profitais de cette promiscuité pour lui donner mon premier baiser afin de pouvoir lui déclarer mon amour. Sa réaction ne s'était pas fait attendre mais ce n'était pas celle espérée : elle m'a collé une paire de baffes en me traitant de grosse gouine ! Les personnes qui étaient encore là se sont mises à rire à gorge déployée, les sifflements et les insultes ont remplis la pièce en deux secondes.
Moi, je croyais qu'elle partageait les mêmes sentiments que moi, mon cœur venait de voler en éclats et tous ces rires me dégoûtaient, je suis partie en courant. Dehors, les douze coups de minuit sonnaient « Welcome l'an 2000 » et moi qui croyais à une nouvelle vie avec plein de bonheur !
J'ai longé le port en comptant ses douze fameux coups et il y a eu ce sifflement : j'étais suivi par des mecs sans doute en manque de fesses mais ceux-là ne m'étaient pas inconnus : c'était celui qui avait embrassé Leslie, il était avec ses acolytes. Cette fois-ci, je n'avais pas l'intention de me battre : je laisserais les coups pleuvoir, je n'avais plus personne pour qui me battre alors ils ont commencé mais ce ne fut pas des coups de poing, ni des coups de pied, ce fut leur plaisir charnel : les uns après les autres, ils ont assouvi leurs pulsions. Mon regard était braqué sur le mât de ce joli voilier que je devinais dans la nuit, j'attendais que tout soit fini, puis le dernier à me passer dessus m'a rendu le coup de pompe dans la tête, ce qui me projeta directement dans l'eau.
Je n'ai pas ressenti de douleur, ni le froid de l'eau, ce fut juste une vie qui venait de s'échapper.
Mon message sera court : je voulais juste dire à mon père et à mes frères que malgré ce qui a été dit sur mon décès, je ne me suis pas suicidée comme on l'a annoncé : on m'a violée et tuée, même si j'étais désespérée, je ne me serai jamais supprimée, mais je sais que certain porte le poids de la culpabilité et ç'est parfois plus dur que la prison et je suis là pour veiller sur eux ! »

falla
 Posté le 20/11/2008 à 18:18 
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Astucienne

Je suis Andi diminutif de Andrew. J'ai hésité longtemps avant de venir vous voir, mes choix ont tellement été compliqués, je ne sais pas si on les comprendra, je vous livrerai mon message mais avant comprenez les décisions que j'ai dû prendre.
Ma famille était installée au sud-ouest de Londres depuis des générations, nous faisions partie de la classe moyenne, dans la famille nous étions agriculteurs de père en fils : tout petit j'ai appris le métier, passionné et attiré par cette nature, je ne me suis jamais posé la question de choisir une autre voie. A vingt ans, j'ai repris l'exploitation de mes parents qui se sont installés dans une petite maison accolée au corps de ferme, puis le pasteur du village m'a présenté la fille d'un habitant qui tenait une exploitation à quelques kilomètres de la mienne, le mariage fut célébré l'année suivante.
Le couple était solide : nous étions proches de nos familles, souvent le dimanche était une journée de rassemblement pour nos deux familles. Ma vie se déroulait dans une belle harmonie, puis sont arrivés les jumeaux, Peter et Gary deux têtes blondes, tout petit, ils étaient déjà attirés par la nature et vers quatre ans ils ont commencé à vouloir m'aider sur l'exploitation. Nous avons eu du plaisir à les voir essayer d'attraper les poules, ils n'avaient peur de rien mes petits gars. Puis il y a eu l'arrivé de Paty, une petite rouquine toute timide, l'opposée de ses frères.
L'exploitation représentait énormément de travail, je n'avais aucun ouvrier car les temps étaient durs pour l'agriculture, mon père essayait de venir m'aider mais l'âge limitait ses actions et puis ma femme avait déjà beaucoup de travail avec les petits et la maison à entretenir alors, sans plainte, je travaillais dès l'aube et je finissais tard le soir, il n'y avait pas d'autre solution.
Un hiver, Paty tomba malade, le médecin nous avait demandé de la conduire à l'hôpital, elle est restée trois semaines et puis son état s'était amélioré, nous étions rassurés pour sa santé mais les frais de cette hospitalisation nous avaient coûté beaucoup d'argent. Je devais travailler encore un peu plus pour rentabiliser au maximum l'exploitation, les mois passèrent et à la fin de l'été suivant le sort s'est acharné encore sur nous : les récoltes furent ravagées par les flammes. J'étais désespéré, nous n'avions pas besoin de cette tragédie : notre situation venait à peine de se stabiliser et là tout était parti en fumée.
C'était un nouveau coup de massue, j'ai été sonné pendant quelques jours, puis j'ai repris le dessus et j'ai retroussé mes manches, je me suis mis à travailler chaque jour jusqu'à épuisement. Mes efforts avaient été récompensés : nous avions pu rembourser le prêt de la banque qu'on avait dû contracter quand la récolte avait brûlée afin de nourrir notre bétail mais enfin nous étions sortis de la tourmente mais cela ne voulait pas dire moins de travail bien au contraire je ne devais surtout pas relâcher mes efforts.
Puis, il y a eu cette petite douleur, infime petite douleur, je n'ai pas compris pourquoi j'avais prêté attention à une si petite déficience de mon organisme ? N'empêche qu'elle est revenue tous les jours, bien-sûr, je n'allais pas inquiéter qui que ce soit, cela était dû au dur travail que je demandais à mon corps.
Les semaines passèrent et les douleurs se sont accompagnées de sifflements, je me suis dit que cela était dû aux machines bruyantes que j'utilisais dans l'exploitation et je ne pouvais que m'en prendre à moi-même car je ne mettais pas de protections auditives.
C'est un matin en m'habillant que j'ai aperçue la pâle image que je laissais paraître dans le miroir : un homme aux joues creuses, amaigries, des yeux globuleux. Comment j'ai pu ne pas me rendre compte de la dégénérescence de mon corps ? Personne ne m'avait fait la remarque, sans doute avait-on peur de me faire du mal, malgré tout je devais retourner à la tâche, l'argent devait continuer à rentrer : depuis quelques mois nous avions pu commencer à placer de l'argent, c'était le fruit d'un travail acharné, puis un soir d'octobre, elles sont arrivées : de fortes migraines. Ce n'était pas constant juste une ou deux fois par jour mais pendant plus de dix minutes je ne pouvais plus bouger, j'avais décidé encore une fois de ne rien dire, de dissimuler ce mal qui s'était installé en moi.
En faisant une livraison dans une ville voisine, je m'étais décidé de m'arrêter à l'hôpital pour me faire ausculté, après une heure d'attente et plusieurs examens le médecin me demanda de revenir dans trois jours pour avoir les résultats complets. En attendant, il me préconisa de rester au calme et d'éviter tout effort physique.
Il était drôle le médecin ! Qui allait faire le travail à la ferme ? Je ne pouvais en aucun cas m'arrêter, je devais continuer à garnir nos économies, au moins pour que nos enfants puissent faire des études.
Trois jours plus tard, le diagnostic tomba : j'étais atteint d'une tumeur au cerveau. Le médecin m'expliqua qu'une intervention était possible mais la tumeur s'était déjà installée depuis trop longtemps et que des lésions irréversibles étaient à prévoir. Il fallait même envisager une fin plus tragique. A l'annonce de son verdict, j'avais l'impression de me retrouver sur le banc des accusés et que le juge lui annonçait sa peine.
Je ne devais pas me laisser abattre, je devais trouver une solution, la bonne solution.
Je n'avais pas fermé l'œil de la nuit suivante. La solution, je l'avais et même si j'essayais de me convaincre de ne pas la mettre en application, je n'avais guère d'autre choix, je ne pouvais pas prendre toutes nos économies, repartir à zéro rien que pour une opération et puis, comme l'avait dit le médecin, il n'y avait aucune garantie pour le résultat. Je ne voulais pas mettre cet argent durement gagné par la fenêtre, il était prévu pour mes petits, donc sans rien dire je mettrai mon plan à exécution dès le levé du soleil, je ne devais surtout pas attendre, éviter toute panique ce qui pourrait me faire reculer.
Il devait être quatre heures du matin, sans bruit, je me suis extirpé du lit discrètement, pris les quelques affaires que j'avais préparées, puis jeter pour la dernière fois un regard sur ma tendre épouse. Arrivé dans le couloir, j'ai poussé la porte de la chambre des garçons puis je suis resté quelques minutes à les regarder dormir, je voulais bien imprégner leur images dans le peu de cerveau encore en fonction et j'ai fini par la chambre de la petite, une petite poupée blottie contre son petit ours en peluche. Les larmes glissaient sur mes joues mais il était temps de franchir le seuil de cette maison. Dehors, il faisait encore bien sombre mais l'aube n'allait pas tarder, je devais fuir avant que la vie ne s'éveille en ces lieux.
J'ai marché pendant plusieurs kilomètres et j'ai fait du stop pour me rendre à Londres et à la gare j'ai pris un billet pour la France.
Je devais trouver un endroit où personne ne pourrait me déranger, me poser des questions. C'est au pied des montagnes que j'ai trouvé refuge. Pas beaucoup de monde venait à cette endroit à cet période de l'année, juste avant que la maladie ne m'emporte, j'étais rassuré et persuadé d'avoir fait le bon choix.
Tout se passa très vite.
Le corps d'un homme non identifié, avait été retrouvé plusieurs mois après sa mort dans un lieux retranché où il y avait que très rarement de passage.
Vous savez, je peux vous avouer que je me suis trompé, je n'ai pas fait le bon choix : j'ai vu ce qui est arrivé à ma famille et vraiment j'étais loin d'imaginer que ça se passerait comme cela ! Après ma disparition, tout le monde a cru à une fuite pour une autre femme sans doute à cause de mes derniers déplacements à la ville voisine (personne ne savait que je me rendais à l'hôpital), ma femme avait dû vendre la ferme car personne ne voulait venir y travailler. Quelque mois plus tard, elle est venue me rejoindre et à cause de moi nos enfants aujourd'hui sont seuls, chacun dans une famille différente. Tout ce gâchis à cause d'un mauvais choix !
J'ai déjà eu le pardon de ma femme, mais pour mes enfants, je n'ai qu'un seul mot pour ce message : PARDON. Votre papa.»



Modifié par falla le 20/11/2008 18:20
falla
 Posté le 22/11/2008 à 21:52 
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Astucienne


« Comme on veut pas vous envahir, c'est moi, puisque je suis sergent, qui vient seul vous voir et je parlerai au nom de mes trois compagnons. S'il y a le moindre soucis, je peux partir, à vous de voir !
- C'est nouveau ! Depuis quand, on me demande mon autorisation ? Vu que vous êtes là, j'attends vos quatre messages, si j'ai bien compris, alors Sergent commencez, je suis à votre écoute !
- Je vous en remercie au nom de mon régiment .

La première balle, je l'ai sentie se loger dans mon bras gauche, la seconde par contre, je n'ai pu que la voir, elle était venue se visser dans mon crâne. Ce sont les risques d'un soldat et on accepte de mourir au combat pour notre pays, nous nous battons pour qu'un jour la paix règne en maîtresse sur cette planète et peut-être qu'à ce moment-là, il n'y aura plus de petites croix blanches plantées sur des milliers de kilomètre carré.
Quand on m'a proposé de partir dans ce pays, je n'ai pas eu la moindre hésitation, on sait tous que le mal est terré là-bas, du moins c'est ce qu'on nous dit avant de partir, arrivés sur le tas, on n'a plus la même vision : le mal est ici ça c'est indéniable mais avec leurs yeux le mal est chez nous aussi ! Alors, il y a des jours on pouvait se poser la question de savoir contre qui, contre quoi, ou pourquoi nos armes crachaient ce feux ?
Mais notre mission n'était pas de réfléchir, nous devions nettoyer et protéger une population qui ne voulait pas de notre protection alors quoi faire ? Trouver de nouvelles cibles en attentant les ordres ?!
D'un bout à l'autre, il fallait assainir et délimiter une zone de sécurité mais dès le lendemain lorsque la mission changeait de quartier ou de ville, ce qu'on avait réussi à accomplir la veille se transformait de nouveau en terrain hostile où explosion et sang étaient encore plus marqués. Oui, je voulais me battre pour une cause juste, pour mon pays, pour la protection de nos concitoyens mais il faut savoir que le doute est dans la tête de chacun des soldats et si demain nous faisions le mauvais choix ?
Je pense qu'à trop réfléchir, j'ai baissé ma garde et entraîné mes trois officiers dans un guet-apens : je fus le premier à terre, Kyle le second la moitié de sa tripaille à l'air, Meryl le troisième, il n'a même pas eu le temps de faire demi tour que son dos avait déjà pris une rafale qui l'avait presque coupé en deux et Johnson, le plus jeune d'entre nous, a été égorgé.
Le plus dur, ce n'est pas pour nous maintenant, mais c'est pour ceux que nous avons laissés. Je vais commencer par Johnson, il venait de sortir de l'école militaire, c'était sa première mission et il était conscient du danger mais il était très fier de servir son pays. Dans sa paroisse, tout le monde le voyait comme un héros à part ses parents qui, n'ayant qu'un fils, avaient très peur de ne jamais le voir revenir. Au mois de mars, quand une voiture s'est arrêtée devant chez eux, la mère de Johnson était sortie aussitôt, elle savait qui étaient ces hommes en noir et elle savait également la signification de leur venue. Tous leurs voisins sont venus la soutenir, son père beaucoup plus fort avait acquiescé d'un petit mouvement de tête, la perte de son fils au combat.
J'ai un message pour vous de la part de Johnson : avec le temps, l'ennemi s'épuisera. Je me suis battu pour mon pays, soyez fier de moi, chers parents ! »

Après quelques secondes, le Sergent reprend :

« Meryl était le plus drôle et sans doute le plus déjanté ! Lui, il vivait seul avec son chien qu'il avait dû mettre en garde avant de partir. Il était brouillé depuis plusieurs années avec ses parents pour des raisons que je n'évoquerais pas ici, il reviendra vous voir s'il veut le faire. Personne ne l'attendait et il est mort au combat pour son pays. Son message va vous paraître un peu copié mais c'est Meryl, il ne faut pas lui en vouloir :
Je me suis battu pour mon pays, vive la paix !

Sacré Meryl !

Pour la famille de Kyle, sa disparition a eu un goût très amer : il venait d'avoir une petite fille, juste avant de partir au combat. Il n'a pas pu tenir la promesse qu'il avait faite à sa fiancée : il devait revenir sain et sauf. En échange, la jeune maman a reçu les médailles du feu jeune papa ! De là où nous sommes, nous avons pu voir la colère qu'elle a ressentie au moment d'apprendre le décès de son bien-aimé, elle avait dit à tout le monde qu'elle le sentait au plus profond d'elle-même, elle savait qu'il ne reviendrait jamais, elle lui avait même dit, elle l'avait même supplié de rester, de faire passer sa famille avant son pays mais Kyle était plein de principes et pour lui, il devait accomplir son devoir.
Son message est le suivant : je suis désolé mon amour, je voulais juste faire un monde meilleur pour notre enfant, pardonne-moi !

Ça va, vous tenez le choc ? Je ne vous perturbe pas trop ?
- Non, non ! Ne vous inquiétez pas pour moi, je n'ai pas encore sommeil, continuez !

- Alors pour moi, je vais faire rapide, enfin je vais essayer !

Cette mission devait être la dernière pour moi et ça pour être la dernière ç'a bien été la dernière ! Je devais laisser ma place à des jeunes loups et rentrer bien aux chaud dans ma famille. Une fois de retour chez moi, on avait prévu de déménager : on devait partir vivre au Canada ! C'était notre rêve. Ma femme était en larmes à chaque fois qu'on en parlait car toute sa famille vit là-bas alors vous imaginez bien qu'elle avait hâte de me voir revenir. Malheureusement pour elle, je suis tombé au combat et le voyage se fera sans moi !
C'est le moment de vous donner mon message, il s'adresse à ceux que j'ai laissé : mes deux grands garçons, veillez bien sur votre mère, protégez-la jusqu'à son dernier souffle
et je m'en occuperai après. Mes chers fils emmenez-la au Canada, n'abandonnez pas notre rêve, je vous aime tous les
trois et d'ici, je veille sur vous. Sergent Troy, terminé ! »



Modifié par falla le 22/11/2008 21:53
falla
 Posté le 22/11/2008 à 21:54 
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Astucienne


« Je me prénomme Clarisse. De mon vivant, je n'ai jamais réussi à comprendre ce qu'est la souffrance. Pour moi, la souffrance était lié au plaisir de même que l'amour est lié à la haine.
Je n'ai eu aucun repère car je n'étais qu'une victime, la victime de parents irresponsables et condamnables pour ce qui m'est arrivé ou plutôt ce qu'ils m'ont poussé à faire.
Pour comprendre mon histoire et enfin délivrer mon message, je vous replonge dans ce que fut ma vie.
Au début, les disputes ne commençaient que dans la soirée, mon père arrivait du travail et aussitôt il procedait à l'inspection de la maison, il trouvait toujours le faux pas de la femme de ménage, qui n'était qu'autre que ma mère, pour commencer à crier, à l'insulter jusqu'au dîner. Une fois à table, il remettait le couvert en critiquant la préparation des plats allant quelques fois jusqu'à jeter à terre son assiette. Ma mère, elle, était une femme soumise et effacée, elle ne regardait jamais son mari dans les yeux, elle avait un regard fuyant, évasif. Cette femme n'était que spectatrice d'un couple en dérive et moi, j'étais au milieu de tout cela.
En primaire les enseignants me trouvaient timide, introvertie, ce n'était pas étonnant : on ne m'avait jamais donné la parole, le seul droit qu'on m'avait accordé était celui de respirer.
Tous les jours, sans relâche, la pièce était rejouée jusqu'à ce jour de novembre où mon père rentra de son travail deux heures plus tôt, il était comme fou, ma mère, surprise de le voir arriver si tôt, se pressa d'avancer les chaussons de monsieur, en retour le pied du maître lui percuta la face. C'est à ce moment-là que tout est passé au cran au-dessus. Tout de suite, ma mère s'excusa, de qui ? de quoi ? je n'en savais rien, elle non plus d'ailleurs mais elle l'avait fait. Elle nettoya la plaie qui se trouvait au niveau de son arcade, dans la salle de bain et lui pendant ce temps, il criait encore et encore ! Moi, à neuf ans, je me faisais la plus petite possible et j'ai commencé à me bander les bras, les jambes et le corps pour empêcher mon corps de grandir , je devais rester discrète, je ne voulais pas qu'il me remarque.
Puis, mon père a été licencié et il s'est trouvé une amie fidèle, la picole, ce qui aggrava la situation : une bouteille à la main, un martinet dans l'autre, il revisitait chaque pièce après le passage de son esclave et si quelque chose lui déplaisait, il demandait à ma mère de lui faire voir ses mains et avec une rapidité surprenante il assenait de petits coups secs. Elle, elle ne criait pas : elle ne faisait que s'excuser.
A l'école, mon carnet se remplissait de mauvaises notes et le nouveau maître n'entendait pas tolérer plus longtemps un tel laisser-aller, alors il avait commencé à me crier dessus. La première fois, j'ai aussitôt abaissé les yeux et je me suis excusée. Puis les fois suivantes, à chaque réprimande de mon maître, j'enfonçais lentement la pointe de mon compas dans l'un de mes doigt, sans crier, comme le faisait ma mère !
La souffrance me faisait oublier ses cris.
A la maison les mois se succédèrent avec une augmentation constante des coups. Ma mère n'avait plus le droit de sortir : c'est mon père qui allait faire les courses le matin dès l'ouverture, le seul moment de la journée où il était sobre, et s'il croisait un voisin un peu curieux de ne plus voir madame, il mimait avec brio, le mari impuissant devant une femme dépressive et alcoolique qui passe son temps à dormir ou boire ! Et il était plaint ! Pauvre homme !
Le soir en rentrant de l'école, je pouvais admirer les nouveaux coups que ma mère avait reçus durant la journée, ensuite je m'enfermais dans ma chambre en attendant l'heure du dîner.

Le temps passe et on s'habitue.
Après deux redoublements, on m'a laissée entrer au collège avec la certitude d'un échec scolaire. Les mots des enseignants et des autres élèves étaient très durs à mon égard, la seule chose qui me soulageait, c'était de me retrouver le soir seule dans ma chambre. Là, pour évacuer toutes ces insultes de mon corps, j'utilisais une lame de rasoir volée à mon père et lentement, délicatement je me soulevais la peaux de mes cuisses, je faisais des petites entailles où je pouvais laisser glisser la pointe de la lame, le sang coulait lentement en emportant tout le mal de la journée.
De son coté mon père avait changé d'arme : il avait transformé un paillasson en tapis orné de centaines de punaises et il obligeait ma mère, à chaque fois qu'il le désirait, à passer dessus pieds nus bien-sûr en faisant une halte obligatoire de dix secondes sur son nouveau jouet.
Le visage de ma mère était livide, son regard ne dégageait plus aucune émotion, je pense qu'elle était morte de l'intérieur, mais son corps, lui, résistait.
Les mois passaient et les jeux morbides de mon père, étaient de plus en plus violents et de mon côté, le collège devenait une prison, je n'avais qu'une seule envie dès le matin en partant de chez moi, c'était de revenir au plus vite et retrouver ce climat qui m'avait vue grandir et qui était si différent du monde extérieur.
A seize ans, l'arrêt du collège fut d'une évidence et mon père était entièrement de mon avis ! Perdre son temps pour n'être pas sûr de trouver du travail, c'était plus que raisonnable de tout arrêter.
C'est comme ça que, tous les jours dans ma chambre, au rythme du son de sa voix, je trouvais de plus en plus de fascination à voir couler le sang de ce corps si fragile et si petit ! Je savais que je devais à tout pris ne pas ressembler à ma mère physiquement , je ne voulais pas prendre sa place le jour où elle ne se relèverait pas, alors j'ai tout fait pour que ça n'arrive pas : chaque jour, à l'aide de divers objets, je changeais mon apparence sans que personne ne se pose de questions. Un jour, j'ai coupé mes cheveux. Le lendemain et les neuf jours qui ont suivi je me suis arraché un à un, tous mes ongles à l'aide d'une pince sans jamais crier.
On arrive vite à ne plus être maître de ses actes, jusqu'au jour où vous croisez votre image dans un miroir, celui qui se trouvait au grenier, le reflet est tout sauf celui d'une jeune fille de dix huit ans : plus de cheveux, plus de formes, une multitude de cicatrices sur le corps, un visage qui ressemblait malgré tout, trait pour trait, à celui de ma mère, je devais à tout prix évacuer toutes les images insoutenables que ce miroir m'avait renvoyées, je me suis précipitée dans la salle de bain fermant la porte à clé derrière moi et je me suis installée dans la baignoire, je devais faire couler une bonne quantité de sang pour évacuer toute cette impureté .
Le corps qui baignait dans son sang, que les pompiers ont découvert, était le mien. Les gendarmes sont venus chercher mes parents, après le procès mon père s'est fait enfermé dans un hôpital psychiatrique et ma mère purge actuellement une peine de prison pour ne pas m'avoir protégée, ni dénoncer les activités anormales de son mari. Et moi, et bien après avoir fait de multiples visionnages de ce qu'a été ma vie sur cette terre, je me demande encore comment personne autour de nous, n'a pu se rendre compte de ce qui se passait dans notre quotidien ? Surtout qu'après avoir entendu divers témoignages, tous étaient d'accord pour dire que nous étions une famille très violente et vulgaire, la maison des fous et personne ne s'est inquiété de savoir ce qu'allait devenir la petite fille qui grandissait dans ce foyer ? Des lâches et des égoïstes !
Je vais surveiller chacun de vos gestes et pour tous ceux qui se reconnaîtront dans ce message, sachez que vous avez été les complices de mes bourreaux ! »

falla
 Posté le 22/11/2008 à 21:55 
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Astucienne



« D'où je suis, je les vois recommencer encore et encore, certains viennent me rejoindre et d'autres resteront marqués pour le restant de leur vie.
Dimanche 23 septembre, mes parents et moi étions invités pour les 50 ans de mariage de pépé et mémé, j'étais pressé de revoir mes cousins et cousines, bon j'étais aussi content de voir mes grands-parents mais eux, ils sont vieux et ils ne pouvaient pas s'occuper de moi.
Dès notre arrivée, Mylaine et Romain ont couru à toute vitesse jusqu'à la voiture, c'était mon préféré cousin et ma préférée cousine, ils étaient toujours là pour me rendre service et jamais ils ont fait de différences entre nous.
Mylaine et Romain ont tous les deux 8 ans, c'est normal ce sont des jumeaux et moi j'avais neuf ans et contrairement aux autres enfants, je me déplaçais en fauteuil roulant.
Je me suis habitué et de toute façon je n'ai pas eu le choix, je suis né avec une maladie génétique et tout le monde savait que plus je grandirais et plus la maladie m'affaiblirait jusqu'au jour où elle serait vainqueur, mais je n'avais que neuf ans et les médecins m'avaient assuré que je pouvais encore facilement être tranquille pendant trois ou quatre ans minimum, vous croyez que c'est peu et bien je peux vous dire que pour moi chaque seconde était précieuse et avec l'aide de mes parents et de ma famille, j'utilisais le moindre instant pour faire tout ce que je désirais, pour ne rien regretter le jour où je ne serais plus là.
Mes parents ne parlaient jamais de la fin , ils espéraient plus que tout à une guérison miracle mais l'espérance ne l'emporterait pas devant la maladie, alors on vivait, tous les jours à cent pour cent.
Ce jour-là, Romain poussait mon fauteuil pendant que Mylaine avait attaché une corde à l'avant et on allait le plus vite possible, c'était très drôle, j'avais l'impression d'être le roi escorté par mes soldats, on n'était pas très loin de la fête, pépé et mémé vivent en basse campagne et il y a beaucoup d'espace pour jouer et peu de voiture pour inquiéter nos parents.
On avait décidé après le déjeuner d'aller tous les trois au bout du chemin où se trouvait un calvaire, pépé nous avait raconté qu'autrefois, une fée avait été vue à cet endroit et que si un petit garçon la trouvait, il pourrait lui demander un vœux, alors, à chaque fois qu'on se retrouvait chez eux, avec mon cousin et ma cousine, on allait au calvaire, mais on n'avait jamais vu la fée ! Moi, pas besoin de vous dire ce qu'aurait été mon vœux, tout le monde le sait !
Après quelques bouchées, nous n'avions plus faim et, bien-sûr, on avait eu l'autorisation d'aller jouer. La côte était assez raide, pour ceux qui ne marchent pas, pour aller jusqu'au calvaire et mes soldats fatigués, alors je leur chantais des petites chansons d'encouragements, ce qui avait l'air de marcher ! Une fois arrivés sur les lieux, on est entré dans une petite grotte, on devait faire attention car mon fauteuil n'avait pas de roues de 4x4. Après beaucoup d'efforts, on y était et on attendait la fée pendant de longues minutes, malheureusement toujours rien !
Après, on avait décidé de jouer à cache-cache. Pas facile de se cacher en fauteuil mais je pouvais compter sur mes deux acolytes pour me laisser gagner.
C'est Romain et Mylaine qui étaient partis se cacher en premier, après avoir compté jusqu'à cinquante, je roulais pour les retrouver en toute prudence car il y avait des trous un peu partout sur le chemin et je ne devais surtout pas tomber du fauteuil. Ils faisaient du bruit exprès pour que je les repère, une fois trouvés, c'était mon tour d'aller me cacher avec Romain.
Romain m'emmena juste entre un gros rocher et le fossé du chemin, là, c'est sûr, Mylaine mettrait beaucoup de temps à me trouver ! Même pas deux minutes après le décompte, j'ai entendu qu'elle avait déjà trouvé Romain et sans aucun bruit, j'attendais.
Après cinq minutes, Romain donna un indice à sa sœur et là, elle avait couru aussitôt derrière le rocher et elle s'était mise à hurler : mes deux cousins ont retrouvé le fauteuil vide et personne à côté.
Tout s'est passé très vite, je savais qu'elle ne tarderait plus à me trouver, c'est à ce moment-là que la voiture s'est arrêtée, un homme très grand en est sorti, il est venu vers moi. Je croyais qu'il me sentait perdu, en danger auprès de ce fossé, non, il me laissa pas le temps de parler, ni de crier, sa grosse main était déjà sur ma bouche et il m'attrapa sous son bras. D'un geste brutal, il me lâcha dans le coffre de sa voiture et referma le capot, je n'avais même pas pu crier et mon corps me faisait tellement mal que j'en avais le souffle coupé.
Lundi 24 septembre, l'homme m'avait bâillonné, bandé les yeux et attaché sur un lit, je sentais une très forte douleur aux poignets tellement il avait serré, mais j'avais espoir : je me rassurais en pensant à mes parents, je savais qu'ils feraient tout pour me retrouver. Je ne pouvais toujours pas parler : le bandeau était toujours sur ma bouche. J'avais terriblement soif. Ma gorge était sèche et je devais absolument aller aux toilettes. Je devinais qu'il était juste au dessus de ma tête. Il devait me regarder. Puis, il m'a entièrement déshabillé. J'avais compris que c'était un pervers et qu'il me ferait du mal : mes parents avaient regardé à la télévision un reportage sur ces hommes qui aimaient voir les petits enfants nus. Papa n'avait pas voulu que je le regarde, il m'avait juste dit que j'étais en sécurité, que j'avais des parents, qu'ils seraient toujours à coté de moi, à veiller sur moi.
Alors pourquoi j'étais là ?
Après un long moment étendu sur le lit, il était parti. J'étais seul dans cette pièce que j'imaginais avec très peu de luminosité et j'ai pas pu me retenir : je venais de me faire pipi dessus. Mes pleurs ne changeaient rien, personne ne venait et j'ai dû m'endormir.
A mon réveil, je pense qu'on devait être dans l'après midi, il m'avait tendu un verre d'eau et mes bandeaux avaient disparut. J'ai bu tout d'un trait et j'ai commencé à crier. C'est à ce moment-là qu'il m'a donné le premier coup sur la tête. Ma vue s'est colorée en rouge et je sentais en plus de la douleur de mon corps, de mes poignets, une nouvelle douleur à la tête.
Mentalement, je suppliais mes parents de faire très vite. J'avais très peur. Je ne savais pas ce qu'il me voulait. Et il s'est mis à parler, il m'accusait de l'avoir poussé à me taper et que de toute façon je n'étais pas un petit garçon ! J'avais du mal à le comprendre. Je n'avais que neuf ans donc j'étais bien un petit garçon et il commença à rire, à se moquer et il a dit des choses très méchantes : il m'a dit que je n'étais pas un petit garçon mais un monstre avec un corps difforme ; que les petits garçons avaient, eux, une peau bien lisse, un petit corps bien fait et que le mien ressemblait à un amas de chair qui ne donnait aucun plaisir à regarder, à toucher et qu'il devait à tout prix éliminer cette erreur que la nature avait laissé sur cette terre.
J'étais tétanisé à l'écoute de ses mots, si j'avais bien compris ce qu'il avait dit, ça ne serait pas la maladie la gagnante, ça serait cette homme !
J'ai senti les premiers coups sur mon visage et vu les derniers sur le corps que je venais d'abandonner.

Mardi 25 septembre, le corps d'un enfant de neuf ans avait été retrouvé dans un lac à quelques kilomètres de l'habitation de mes grand-parents.
Vendredi 28 septembre à 14h00, on célébra mon enterrement, l'église ne contenait pas assez de places pour accueillir tous ces gens, je ne connaissais pas tout le monde mais ils étaient là sans doute touchés par cette tragédie.
Mes parents et ma famille étaient au premier rang, mon papa soutenait ma pauvre maman qui avait beaucoup de mal à se tenir debout. En fin de messe, mon père avait pris la parole afin de m'adresser un dernier message, il avait dit que maman et lui m'aimaient et que je resterais dans leur cœur à jamais. Son discours avait été court mais plein d'émotions. Mon pauvre papa et ma pauvre maman !
Tout le monde se dirigeait vers le cimetière où on fit glisser un cercueil blanc recouvert de fleurs, la plaque se referma et tout le monde s'était recueilli pendant de longues minutes. Le cimetière se vida. Une personne était revenue sur ses pas, une, c'était lui, mon assassin, et sans un mot il déposa une fleur. Avait-il des regrets ?

Mon message est pour ma famille : pépé et mémé, je vous aime. Pépé, je sais que la fée n'a jamais existé, merci de m'avoir fait rêver.
Romain et Mylaine, mes soldats, mes gardes du corps, je ne vous oublierai jamais et merci pour tout votre amour, même si ça n'a pas toujours été facile de me supporter, vous ne m'avez jamais fait aucun reproche, j'ai eu de la chance de vous avoir. Merci, je vous aime tous les deux.
Ma petite maman, mon petit papa, on le savait, la vie serait courte pour moi. Pensez à tous ces bon moments qu'on a eu, à nos éclats de rire, nos moments câlins, mes parents chéris je vous aime très fort et merci de tout votre amour. Moi non plus, je ne vais pas vous oublier, je vais veiller d'où je suis sur vous deux et encore une fois je vous aime très fort. Votre petit Quentin.
Je n'ai pas fini ce message, je voulais juste dire à cet homme que je n'ai aucune haine : la vie, d'une manière ou d'une autre, m'aurait été ôté, je n'ai pas pu profité de mes dernières années car il me les a volées, je laisse la justice faire son travail et il n'y aura pas de place pour vous dans mon monde. »

Le mois de septembre vient de s'achever. Que nous réservera le mois d'octobre ? Et les mois suivants ?
A suivre...

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falla
 Posté le 30/11/2008 à 10:17 
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Astucienne

Quand je suis partie, je voulais être une grande et pourtant je n'avais que dix-sept ans, je ne supportais plus l'autorité parentale alors, un soir au milieu de la nuit, j'ai pris quelques affaires, volé quelques billets dans le portefeuille de mon père et vider un peu le réfrigerateur de quoi tenir quelques jours et me voilà partie à l'aventure.
Enfin je croyais pouvoir vivre à ma manière sans personne pour me dicter une conduite à tenir ; faire ce que je voulais et quand je le voulais ! Généralement, ça se passe plutôt bien dans les films à l'eau de rose, ce genre d'histoire, mais en réalité c'est tout autre.
J'étais une jeune fille de dix-sept ans avec une mentalité d'une ado de quatorze ans et un corps de femme de vingt ans, sérieux mélange explosif !
Les premiers mois, je fus hebergée par un mec que j'avais rencontré sur le net, très gentil mais alors très moche : genre deux loupes avec quelques fillasses qui lui servaient de cheveux et ce nez qui d'ailleurs ne ressemblait pas du tout à un nez, bref le type bien repoussant, c'était clair qu'il n'avait aucune chance avec moi ! Mais par contre, ça il était gentil, il m'a appris également beaucoup de choses : les sorties bien arrosées, les joints et autres petites drogues, rien de bien méchant en apparence.
Oui, mes parents ont essayé à plusieurs reprises de me raisonner, de me récupérer. Non, ma liberté ne leur apartenait pas ! Qu'est- ce que j'ai pu être idiote !
À force de les traiter comme de la merde, un jour plus de nouvelles, sur le moment, je me suis dit « enfin une bonne chose » et le cours de ma vie s'accèlera.
Mes dix-neuf ans avaient sonné et mon ventre s'était bien arrondi, ne me demandez pas qui en était le père, moi-même j'hésitais entre les quatre mecs du réveillon de la Saint Sylvestre ! Ce n'était non plus pas très important : en aucun cas je le garderais, j'avais décidé d'accoucher sous X et de me débarasser du colis le plus vite possible, et puis de toutes façons, pendant la grossesse, il était hors de question que je me prive, j'ai donc consommé drogue, alcool et sexe.
J'ai soufert comme une malade à l'arrivé du mioche, j'avais l'impression qu'on me vidait comme une truie, ce jour-là, je m'étais dit qu'à l'avenir, je devrais faire un peu plus attention pour pas me faire recharger une deuxieme fois.

Je me suis sentie soulagée d'un poids, bien-entendu sans l'emporter avec moi et sans un regard, je repris ma vie normale d'après moi, ma super liberté qui m'entraîna dans des bars miteux à des heures où les personnes socialement insatallées dorment pour récuperer d'une journée de travail. Moi, je travaillais également, pattes écartées à laisser entrer qui jettera sa pièce, au moins je mangerai le lendemain et vivre le jour le jour sans me prendre la tête me paraissait le meilleur moyen de vivre ma vie.
Un soir d'octobre, il y avait eu une descente de police dans le bar où j'étais l'animation phare, avec quelques grammes de coc' et d'autres subtances illicites, j'ai séjournée quelques mois en taule, c'est là que j'ai rencontré mon amie Lola, une dépravée qui n'avait qu'un objectif : les vieux plein de fric ! Elle en avait fait son fond de commerce de ces vicelards qui trompaient leur mégère l'histoire d'un weekend. A la clef, Lola empochait quelques beaux billets pour son silence, mais c'est ce qui l'entraîna également derrière les barreaux avec le dernier en date, un vieux bien malin et très bien placé dans la société, ce qui lui a réussi : il est passé de pervers infidèle à victime abusé sexuellement, comme quoi avoir de l'argent ça aide bien !
Pendant notre séjour à l'ombre, Lola n'avait qu'une obsession : se venger du ventru à qui elle devait son séjour tous frais payés par l'état ! Nous avions échaffaudé un plan dès notre sortie, un piége qui devait faire réfléchir ce monsieur haut-de-gamme. Jour après jour, nous nous le sommes répété sans jamais nous tromper. Je suis sortie avant Lola de l'hôtel à barreaux, je devais me procurer quelques objets auprès des loubards des bas quartiers, choses très faciles pour moi : une mini-jupe sans culotte et je peux vous assurer que doigts et autres objets fréquentaient les endroits intimes de mon corps. Je me disais qu'on n'avait rien sans rien, puis allier plaisir et butin ça n'avait rien de traumatisant !
Le temps m'a paru une éternité avant la sortie de ma grande copine, j'ai eu tous loisirs de découvrir de nouveaux passe-temps : vol à l'étalage, voiture brûlée, raquetter les petits vieux et les petites vieilles, essayer de nouvelles drogues de plus en plus dures et en dormir pendant plusieurs jours de suite, sans compter mes parties noctures, je me lançais quelques defis : savoir combien de mecs je pouvais me faire en une nuit, puis ensuite ce fut combien de mecs en même temps ! J'ai tué le temps à ma manière, puis ce fut la sortie de ma super Lola, classe et élégante, je me suis même demandée si elle sortait de prison ou d'un salon de beauté, y a pas à dire, certaines prisons sont des prisons de luxe !
Une petite piaule attendait mon acolyte et on s'est remise à répéter pendant une semaine le plan élaboré en cabane, aucune faille, pas de doute c'était donc le moment de le mettre en application.
Le lundi, je me suis rapprochée de cette femme qui entre nous ne m'a jamais rien fait de mal, j'ai engagé la discussion, lui expliquant que j'avais 22 ans et que j'étais une jeune femme en détresse : mes parents ne voulaient plus de moi car après une escapade amoureuse, j'etais tombée enceinte et pendant les heures et les jours qui ont suivi, je venais de me faire ma nouvelle meilleure amie !
Pendant ce temps Lola espionnait ce monsieur si important pour elle, elle ne le lachait pas d'une semelle, telle une puce sur le dos d'un chien.
Un mois et tout était en place : mon dîner chez ma nouvelle famille était prévu le dimanche soir. J'avais bien préciser à Lola qu'il était hors de question de commencer avant la fin du repas, car je m'étais attachée à cette gentille dame qui sans aucun repproche m'avait réconfortée même si je lui avais tissé un drap de mensonges. Je suis arrivée à 19h, je n'ai pas eu le temps de sonner que la porte s 'était ouverte : Régine, c'est son prénom, avait la mine tirée, les yeux brillants. Je l'ai enlacée comme à chaque fois que nous nous rencontrions, son étreinte était restée très peu demonstrative, très discrète, je lui ai demandé si quelque chose n'allait pas, elle prétexta une légère fatique et son sourire fit de nouveau apparition sur son visage vieilli par le temps et le soleil, elle me glissa juste au creu de l'oreille qu'elle m'avait reservée une surprise pour le dessert, en gage de notre amitié. Je me suis sentie très mal à l'aise oubliant presque le pourquoi de ce rapprochement avec cette femme, je ne devais surtout pas m'égarer, je devais me concentrer et penser au plan et à Lola, mais pendant tout le repas les questions se heurtaient dans ma tête : qu'est ce que je foutais là ? Pour qui en fait, je devais faire tout cela ? Ce n'était pas mon combat, ils ne m'avaient rien fait, ces gens ! En plus, ils m'avaient acceuillie comme un membre de leur famille en posant le minimum de questions. Plus l'heure avançait et plus je trouvais le plan très démesuré vis-à-vis de l'affront que Lola avait subi avec cet homme ! Oui, il avait été infidèle, mais il avait l'air de beaucoup aimer sa femme et peut-être qu'après trente ans de mariage, il avais eu besoin d'une petite escapade pour retrouver son dynamisme d'antan ! Les larmes ont fini par glisser sur mes joues et à ce moment-là, Régine s'adressa à moi en me disant « tu as compris ça y est, tu as deviné ta surprise? , je peux aller les chercher ils attendent depuis un bon moment à l'étage. »
Mais qu'est ce qu'elle me faisait comme plan, celle-là ! Tout de suite, j'ai réalisé que je venais de perdre le contrôle et que dans 5 minutes, Lola et sa bande feront le débarquement chez les vieux ; 4 minutes et j'entends des voix et des pas descendre l'escalier ; 3 minutes et j'entends plusieures voitures se garer devant la belle demeure ; 2 minutes et je vois dans l'entrée de la salle mes parents les larmes aux yeux avec ce regard qu'ont certaines personnes qui retrouvent leur être cher après des années de séparation ; 1 minute et la porte d'entrée éclate dans un bruit intense. Des hommes et une femme cagoulés entrent en disant d'une voix : « c'est un hold up ! Que personne ne bouge ! ». Au même instant, le vieux ventru qui était derrière moi, se jetta sur son armoire à fusils et en le voyant les intrus tirèrent, plusieurs coups de feux retentirent dans la pièce.
Mes yeux regardaient le plafond, j'entendais des cris, la bande de Lola avait pris la fuite me laissant à terre, juste moi, et pourquoi moi ? De chaque coté de mon corps, mes parents étaient là, ils essayaient de me rassurer mais leurs mains étaient couvertes de mon sang puis mes yeux se sont fermés sur leur visages.
Mon message est le suivant :
je m'adresse à tous ces pseudos adultes, ne brûlaient pas d'étapes et même si avoir des parents peut être chiant, ils ont souvent raison.
Régine, exscuse-moi ! Je t'assure qu'au fil du temps passé à tes côtés, j'ai changé, tu m'as remise sans que je m'en aperçoive sur le bon chemin et sache que mes sentiments étaient sincères, pardon !
Maman, papa, j'étais votre seul enfant et je vous ai fait tellement de mal et encore aujourd'hui, vous souffrez par ma faute, je vous demande pardon pour avoir gaché votre rôle de parents, je veux juste vous dire ces mots que je ne vous ai jamais dits de mon vivant : JE VOUS AIME !


Modifié par falla le 30/11/2008 10:19
falla
 Posté le 30/11/2008 à 10:20 
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Astucienne

La peur, c'est la peur qui m'a mené jusqu'à la mort et je ne sais pas si par ce message mes proches que j'ai laissés me comprendront.
Quand j'étais petit, j'avais peur de tout, même dans mes plus lointains souvenirs, je me souviens des nuits d'angoisses, des journées longues, interminables, de ces lieux si grands, si immenses et moi, si petit dans ce monde et rien qu'à penser qu'un jour ce qui m'entourait, pourrait disparaître et me laisser seul, m'était insuportable.
Puis, ça a commencé : mes grand-parents nous ont quittés, je n'avais que 11 ans et ce que je redoutais était arrivé : j'étais le petit dernier de cette famille et si on suit le raisonnement de la vie je serai le dernier à partir donc ils m'abandonneraient tous les un après les autres.
Je restais le plus possible en compagnie de mes parents, de mes deux grands frères, je ne supportais qu'aucun ne parte en voyage ou dorme à l'extérieur, je me m'étais dans des crises d'hystérie incontrôlable. A mes 15 ans, mes parents m'ont offert des séances chez une psy qui devait essayer de trouver ce qu'il n'allait pas en moi, quel était mon problème : cette peur de perdre mes proches ? Ou tout simplement la mort ?
A mes 17 ans, mon frère aîné partit s'installer avec sa copine dans un village voisin, le travail fut long et je finis par accepter qu'on pourrait se voir même sans habiter sous le même toit, finalement je commençais à guérir de ce mal qui m'avait pourri mon enfance au plus grand bonheur de mes parents, ils ont pu profiter de leur premières sorties, de leurs premiers voyages.
J'ai commencé à travailler et le jour était venu pour moi de voler de mes propres ailes : un petit studio 3 ou 4 meubles pour combler l'espace et je venais de me construire mon petit chez moi, j'étais un jeune homme de 20 ans ordinaire avec un boulot qui me contentait et mes parents qui vivaient à 200 metres de chez moi. J'étais en contact permanent avec mes frères, mon équilibre était stable et je ne pensais plus à ces années noires, jusqu'au jour où on m'annonça que ma mère était malade : un cancer incurable. Le monde est devenu gris, mes grandes peur étaient revenues au galop et les deux années qui ont suivie, ont été un véritable cauchemar : ma mère s'en était allée, mon père avait sombré dans l'alcool et mes deux frères en profitèrent pour prendre le large et moi j'étais là avec mon petit bouquet de roses, chaque jour agenouillé au pied de cette pierre tombale qui portait le nom et prénom de ma mère, deux ans sans manquer aucun rendez-vous, qu'il pleuve,qu'il vente, qu'il neige, peu m'importait le temps, je restais le plus longtemps possible à côté de ma mère. Le temps passe et généralement ce n'est pas dans les cimetière que l'on rencontre l'amour mais pour moi ça a été le cas, elle s'apelle Anita, une petite brunette qui a force de me voir en ce lieu s'était décidée à m'aborder. Au début, ce fut juste quelques mots échangés au croisement d'une allée puis quelques moments de recueillement sur chaque pierre tombale où nos proches étaient enterrés et de fil en aiguille, nos rendez-vous du cimetière se sont retrouvés en un autre lieu.
Elle savait que j'étais fragile émotionnellement, elle connaissait mes peurs, toutes mes angoisses, elle a pansé à sa manière tous mes maux en essayant de trouver les bons mots pour chaque situation.
L'année de mes 25 ans, ce fut le mariage et la surprise de mes proches, mes frères et mon père étaient à mes côtés pour fêter ce nouveau bonheur. Ma vie semblait plus vivante et se déroulait à un rytme plus acceleré, j'avais des raisons de me lever pour le lendemain : apprendre à aimer la vie tout simplement, grâce à l'amour. Oui ! Cela devait être ça! Mais il y avait toujours une question pour me rappeler que tout pouvait s'arrêter : si demain elle ne m'aimait plus ou s'il lui arrivait quelque chose ? Je serai de nouveau tout seul ! Je continuais dans ma réflexion : et si elle partait et que je n'avais plus de famille, je serai vraiment seul dans ce monde ! Cela pouvait durer des heures ou parfois des nuits, j'essayais de cacher le plus possible cet état psychique à la limite de la psychatrie ou peut-être même étais-je fou depuis tout petit ?!
Ce fut le temps d'acceuillir notre premier enfant : un petit garçon, dès sa venu au monde mes angoisses ont monté d'un cran, petit être si fragile, comment j'allais pouvoir le protéger de tout ce qui pouvait lui nuir ? je peux dire que je l'ai surprotéger : il n'a pas beacoup touché le sol avant l'arrivée de sa petite soeur deux ans et demie plus tard, je devais me rendre compte que tout allait être multiplié par deux ! Ce fut moins difficile que je l'avais cru, mes petits bambins ont grandi certes dans une grande attention de ma part et je les suivis partout évitant le plus que possible le moindre danger.
Mes quarante ans venaient de sonner, quarante ans d'angoisse même si les toutes premieres années je m'en souvenais pas, je savais que j'étais né avec et que ça me suivrait jusqu'à ma mort.
Cette année-là a été la pire de toutes et surtout la dernière : tout a commencé ce mois de novembre, il faisait gris depuis plusieurs jours, mon père venait de se faire hospitalisé, un de mes frères étaient parti en cure de désintox et entre moi et mon épouse, l'amour n'était vraiment plus au beau fixe. Nous nous disputions fréquemment, même devant les enfants qui donnaient toujours raison à leur mère, me reprochant d' étouffer tout le monde ; qu'ils ne faisaient rien d'intéressant, juste attendre sans trop bouger. Ne pas sortir, c'est très dur quand on arrive à l'adolescence ! je me sentais rejetté, incompris. La compassion de mon épouse était partie, elle la remplaçait par ce regard froid qui voulait dire : « Que va-t-il nous inventer l'autre fou encore ? », et ce fut ce soir du 24 novembre où tout s'est mélangé dans ma tête : le passé, mon père, mes enfants, mes frères, mon épouse. Les mêmes questions tournaient en boucle : mais qu'est-ce que je foutais là ? Est-ce que quelqu'un avait encore besoin de moi ? Et tout est devenu noir : j'ai eu cette sensation bizarre comme si mon cerveau venait de recevoir un message clair et précis, mon corps était en harmonie avec mon esprit, je n'avais plus aucune pensée, il n'y avait plus que moi en pleine nuit sur ce bout de falaise ! Rien d'autre. C'est comme si je n'avais pas eu de vie avant et que personne ne se rendrait compte de ma disparition. Une fois la trotteuse sur le douze, ce sera le moment. Elle venait de passer le six et, pour moi, j'avais déjà quitter ce monde. Il ne restait que mes yeux pour le top départ ! Douze et mon pied se lança dans le vide entraînant ce corps qui n'avait plus de raison d'être sur cette terre, du moins c'est ce que je croyais : depuis j'ai pu me rendre compte du mal que j'avais fait en faisant ce geste. Je n'arrive toujours pas à l'expliquer, je n'avais plus toute ma tête, ce qui ne pourra rien changer : ce que je peux voir aujourd'hui est effrayant et je n'avais pas imaginer le vide que je laisserai dans mon foyer. Il m'est insupportable de les voir pleurer, les voir souffrir car je croyais qu'une fois mort, on ne ressentais plus rien !? A votre avis c'est le cas ? Je ne vous dirai rien, juste que par nos faits et gestes, votre mort ne sera pas la même, ne croyez pas que la mort est une fin sans rien, une ligne noire, continue, sans limite. Non, non ! Détrompez-vous : selon vos agissements, votre mort sera différente et c'est cette conclusion qui me servira de message.

falla
 Posté le 30/11/2008 à 10:21 
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Astucienne

Il y a des très beaux, des beaux, des moins beaux et puis il y a les moches. Moi, j'ai fait partie de cette dernière catégorie. Tout petit, on me l'a bien fait remarquer ! J'entendais les adultes parler à voix basse : « Mon Dieu, regarde le petit, comme il est laid ! »
Et puis, il y avait aussi les moqueries, ces petits rires narquois et mesquins, et pour finir ce qui me blessait le plus : c'était les regards, vous savez ceux qui vous font comprendre que vous êtes un déchet, une abération de la nature. Un regard méprisant, plein de dégoût ! C'est quelque chose à laquelle on ne peut pas s'habituer.
En primaire, je n'avais pas d'amis, j'étais plus une attraction. Mes chers camarades m'avaient trouvé les beaux surnoms « feuille de choux », « grouin de cochon », « dents de lapin », et je vous en passe. Je n'avais pas besoin que l'on me dise que j'étais moche, j'en étais conscient : le miroir de la salle de bain me le reflètait bien ! De grandes oreilles décollées, un nez rond et retroussé comme ceux des porcs. Je n'avais également pas une chevelure comme mes camarades, moi mes cheveux, déjà j'en avais peu, étaient raides, des fils d'une couleur châtain. Il faut rajouter les tâches de rousseur. Cela me fait bien rire aujourd'hui, il parrait que c'est super joli d'en avoir et bien ce n'était pas le cas dans mon enfance.
Jamais je n'ai été invité à un anniversaire ; à la sortie de l'école, personne ne venait me chercher, je rentrais seul, sans doute honte de venir chercher le petit monstre.
Je ne vous explique même pas le collège ! Ce fut une catastrophe que ce soit au niveau scolaire que côté émotionnel ! Tout s'est amplifié : les filles me trouvaient repoussant, les garçons se servaient de moi comme larbin pour porter leur sac, donner mon plateau-repas, faire leurs devoirs... Je n'existais pas, j'étais une petite chose qui èrait ici et là, essuyant moqueries, blagues stupides et quelques coups parfois.
Vous devez vous demander « et mes parents dans tout ça, qu'ont-ils fait pour m'aider ? », et bien, rien ! Si ce n'est de m'envoyer dès qu'ils ont pu en pension. Je ne rentrais plus que le week-end. Tout allait bien quand ils ne recevaient pas leurs amis, sinon je devenais tantôt une attraction et tantôt une erreur de Dame Nature. Voilà comment me voyaient mes parents ! « De l'amour » bien-sûr que non, il y en avait pas pour moi, ils me l'ont bien fait comprendre à mes seize ans en m'expédiant à quatre cents kilomètres de chez eux en apprentissage chez des agriculteurs. C'est clair que je ne dépareillais pas avec mes amis les bêtes. Puis, ma foi, ces braves gens ne m'ont jamais fait de repproches, ils m'ont juste engraissé comme un porc.
Après ces deux années, j'étais devenu un jeune homme toujours aussi moche et en plus, la cerise sur le gâteau, j'étais devenu obèse, un mètre soixante-cinq pour quatre-vingt-dix-sept kilo, c'est pas très équilibré !
En deux ans, je n'ai eu qu'une lettre de mes parents, celle de la bonne année, c'est tout. Mon anniversaire est bien peut être avaient-ils oublié que j'étais né le jour de la Saint Parfait, et oui ça en a fait rire plus d'un !
J'ai quitté ce couple de paysans qui avaient pris bien soins de moi et me voilà parti à l'aventure, pour moi une ville, une grande ville me paraissait une évidence : plus de monde et les gens ne s'arrêtent pas sur un individu même moche. Alors Paris, cette grande ville, m'accueilla. Je devais trouver du travail, imaginez quand j'ai poussé les portes des boîtes d'intérim ! C'est bizarre personne ne me rapellait ! J'ai épluché les petites annonces, écrit plusieurs lettres, six mois, j'ai mis six longs mois à trouver un travail. Je pense que le foyer pour jeunes en difficultés qui m'hébergeait y était pour quelque chose. Ce n'était pas un super travail mais je voulais vivre normalement comme monsieur et madame tout le monde sauf que moi, j'étais moche !
J'entends bien ceux qui disent « mais la beauté est à l'intérieur, il ne faut pas regarder que le physique ! », moi, je vous dis que c'est du flan ! Généralement ceux qui disent ce genre d'âneries, c'est tout simplement pour se donner bonne conscience. Qu'ils aillent au diable avec leur beauté intérieur ! Quand on est moche, ça se voit et on est jugé pour l'image qu'on reflète, c'est tout !
Les premiers jours dans ce travail ont été assez sympas : je remplaçais un mec qui s'était blessé avec la trieuse à déchets. Mon rôle était juste de trier les détritus qui passaient sur le tapis, c'est tout. On était une dizaine sur la machine, même si les autres ne m'adressaient pas la parole, même s'ils évitaient de croiser mon regard, aucun ne se moquaient ouvertement de moi et pour moi, c'était une première, ce qui était de courte durée car pour rentrer au foyer, je prenais le métro et aux heures de pointe, les personnes sont plutôt agressives : j'ai essuyé quelques « tasse-toi un peu le gros! » ou « gros sac prend le prochain, y a plus de place! », j'ai eu le droit aussi à « travaille la nuit, ça t'évitera de faire voir ta sale tronche ! ». Je vous passerai de tous les petits mots qualitatifs d'une personne différente.
Les quatre mois de remplacement étaient terminés et je pensais repartir dans le circuit « recherche d'emploi » et bien pour une fois, la chance m'avait souri : le boss m'avait proposé un CDI, par pitié ? C'était vraiment une chance à votre avis ??
J'ai fait la connaissance de cet homme qui m'avait permis d'avoir du travail, quand je me suis présenté devant lui en lui indiquant que c'était moi qui avais occupé son poste pendant son arrêt, sa réaction me fit faire un pas en arrière : il avait limite honte : « comment a-t-on pu me remplacer par ce mec ?? Vous avez vu sa gueule ?? Ils n'auraient pas pu trouver mieux ?? C'est pas ça qui manque des mecs normaux qui cherchent du taff ?? ». Ses phrases furent d'une grande violence, ceux avec qui je venais de passer quatre mois sans un mot, sans un soucis, se sont mis dès son arrivée, à se moquer, à m'insulter. Une seule personne et c'est tout un groupe d'individus qui change d'attitudes. Pour la première fois, je venais de détester quelqu'un car auparavant, même petit j'étais conscient d'être moche et même si on se moquait, si on m'évitait, jamais personne ne m'avait autant méprisé que cet homme et pourtant je ne lui avais rien fait ! Je voulais juste travailler, c'est tout.
Tous les jours et même sous les yeux de son chef de service, il continuait les insultes, les petits coups de pied, les petites claques sur la tête, allant jusqu'à uriner dans ma bouteille d'eau ! Les semaines passaient et je ne savais vraiment pas si je pouvais encore tenir longtemps à cette cadence. J'avais beau l'ignorer, lui ne m'ignorait pas. Je crois même que c'était pire.
Je lui ai demandé un jour pourquoi il s'emprenait à moi de cette sorte ? Il m'a juste répondu qu'il n'aimait pas les moches et qu'il ferait tout pour me faire craquer, chose qu'il a su faire avec brio, mais sans doute, ne pensait-il pas que ça finirait comme ça ! Ce soir-là, il m'avait demandé de venir au vestiaire en me faisant croire qu'il voulait discuter, qu'il en avait assez de nos disputes. J'étais peut-être moche mais pas stupide, mais je l'ai quand-même suivi. Il m'avait tendu un sandwich en me disant qu'il ne le mangerait pas, il devait sans doute croire que vu mon poids, j'allais me jeter dessus et l'engloutir en une goulée. J'ai juste ouvert le sandwich pour admirer son contenu basé d'excréments, sans doute les siens. Il était rouge de colère. Il avait attrapé son casse-croûte et me l'avait écrasé sur mon visage, il étalait sa merde sur moi. À ce moment-là, mon cerveau n'a plus contrôlé mes gestes. Je me souviens juste de l'avoir poussé, il était tombé en arrière en se cognant la tête, il devait être assommé alors je lui ai sauté dessus avec tout mon poids. Je me suis défoulé : j'avais l'impression d'être sur un trampoling. Une fois calmé, j'ai vu ce corps baignant dans une mare de sang, je venais de réaliser que je venais de tuer un homme, moi qui détestais la violence !
Je suis parti le plus vite possible du lieu du meurtre, je savais que je n'allais pas tarder à être arrêter et que je me retrouverai en prison et là on se moquerait de moi et qu'on me ferait subir encore un tas de sévismes. Je me suis caché pendant deux jours, c'est quand j'ai lu le journal récupéré dans une poubelle que j'ai vu l'article : j'étais recherché pour meurtre d'un respectable père de famille de quatre enfants. Après cette lecture, j'ai attendu que la nuit tombe et la Seine emporta ma laideur.
Je viens vous voir ce soir sans crainte car vous ne verrez plus ma laideur. Mon message est simple : je ne voulais pas tuer cet homme, je ne suis pas un assassin ! J'ai juste des regrets et je demande pardon à sa famille.
Je me pose quand même une question : lui est mort et moi aussi et pourtant nous n'allons pas au même endroit, quel sera le mien ?
Merci de transmettre ce message pour qu'ils comprennent ce qui m'a poussé à un tel acte !

Super_GEGE
 Posté le 30/11/2008 à 19:38 
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  Astucien

vrai à 90%

Aujourd'hui, J'ai mangé vers 14h 15 , le ciel était sombre, encore noirci par la tempête qui avait fait rage toute la nuit.

Je me suis assis dans le salon fourmillant d'ombres rampantes et angoissantes, projetées par la faible lueur du jour qui perçait à travers les rideaux.

Le repas, consistait en de gros moignons de canard*, contenus dans un vague bocal dont le verre renvoyait une pâle vision tant déformée que verdâtre.

J'ai du le réchauffer 4 fois au micro-ondes avant de pouvoir être tranquille pour le manger car le téléphone ne cessait de sonner, présageant d'une catastrophe imminente.

Dehors, la pluie battait violemment les volets. Elle me faisant sursauter à chaque rafale tandis que les éclairs se déchainaient, éclataient dans un grondement qui n'en finissait pas de mourir, rendant la scène encore plus surnaturelle.

Angoissé et quelques peu désemparé par la soudaineté et la brutalité pure de l'orage qui se déchainait maintenant à l'extérieur, je n'ai pas songé à regarder la date de limite de consommation et, les remords sont venus trop tard pour faire machine arrière.

Je crois bien qu'il y avait une ou deux rondelles de carottes qui nageaient en eau trouble, tels des poissons rouges dont le bocal n'aurait pas été nettoyé depuis fort longtemps.

Il y avait également quelques os, qui auraient fait le bonheur d'un archéologue, auxquels se rattachaient un peu de peau et quelques barbes, attestants sans ambigüités possibles, l'appartenance du contenu à la race des gallinacés et rendant ainsi inutile tout test ADN contrairement à la fille prétendue de Yves Montand.

Parfois, la tempête s'appaisait quelque peu et, j'entendais alors le sinistre craquement des os de canard qui se broyaient entre mes dents, laissant quelques fines lamelle de viande s'insinuer entre mes gencives, promesse d'une odeur future pestilentielle.

Soudain, un bruit guttural , semblant venir du fond de mes entrailles, presque consistant, comme remontant d'outre-tombe et transportant avec lui l'haleine fétide d'un cadavre décomposé,qui se déplacerait en suivant les méandres de mes boyaux, pour ressortir du fond de ma bouche et exploser à la face du monde "B U R P !!!"


Je viens d'inventer un nouveau genre littéraire : la gastronomie d'épouvante

Bon appétit !!!

* remerciements à la mairie du domicile de ma grand-mère qui a si généreusement offert ce produit local pour les fêtes de fin d'année.

Phoebe
 Posté le 30/11/2008 à 22:41 
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Petite astucienne

Super gégé c'est du réchauffé tu nous l'avais déja servi celle-ci

Super_GEGE
 Posté le 30/11/2008 à 22:47 
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  Astucien

coucou Phobe (C'est quoi ce chat au-dessus de ma tête dans ta signature ?)

mais, avec le mal que je me suis donné pour rédiger, faut que j'optimise, et puis,

tout le monde ne l'a pas lue

De même que celle là qui est de la fiction mais est presque vraie tellement que les gens ont la hantise de se retrouver sans ordi.

Cela fait au moins 3 mois que mon ordi tourne comme une horloge. Ce n'est pas normal, c'est justement cela qui m'angoisse.

Je suis sans cesse en train d'épier le moindre signe de panne ou de ralentissement mais rien ne se passe comme prévu. tout fonctionne !!!.

Du coup, cela me pertube et, je me surprend à ouvrir des programmes au hasard, histoire de voir s'ils s'ouvrent correctement.

Eh bien oui. Tous s'ouvrent. Pas de message d'erreur, de DLL absente, aucun figeage d'écran ou d'application !!!.

C'est terrible de savoir que le démon se cache quelque part, prêt à faire surgir à chaque instant le terrible message annonciateur d'une fin sans rédemption possible.

Du coup, je n'arrive plus à travailler, je passe mon temps à effectuer sans cesse des sauvegardes au fur à mesure que je crée des documents ou que j'effectue des montages photos.

En agissant ainsi, j'espère pouvoir dire "je t'ai eu, j'avais prévu que tu te montrerais et que tu ferais planter mon ordinateur. Cela t'aurait fait rire de savoir que j'ai perdu de précieux documents. Eh bien non, tu ne m'auras pas !!!". Je suis vigilant, je guette jour et nuit, je te surveille sans cesse., sans répits.

Ce qui est le plus difficile à vivre, c'est le silence.

L'anti-virus fait certainement son travail mais, je n'ai aucune alerte qui apparait, les logiciels anti-espions me félicitent hypocritement d'avoir un système propre, comme si je ne savais pas qu'ils se sont ligués contre moi pour "polluer" mon système en douce et ne se manifester qu'au dernier moment pour ralentir au maximum mon ordinateur.

La nuit, je songe à mon anti-virus. Quel virus ai-je bien pu prendre qu'aucune analyse ne révèle !!!. Il doit être bien vicieux pour ne pas afficher le moindre signe extérieur. Pour sur, il est prêt à formater mon disque dur, effacer mes images, mes documents word ... . Et pire encore.

Demain, très tôt, je vais refaire une analyse en ligne pour le piéger.

Non, c'est trop à supporter cette attente. Il faut que je me lève pour la faire mais, je suis si épuisé par le nombre de nuits blanches, passées à méditer.

Pour sur, mon XP ne fonctionne pas correctement. Il devrait planter, ralentir, m'afficher que je ne possède pas les droit d'administrateur lorsque j'installe un programme.

Au lieu de cela, rien ... Pourtant, L'historique de l'utilisation de l'UC et du fichier d'échange du Gestionnaire des tâches affichent une courbe plate comme le moniteur de surveillance d'un mourant à l'hôpital. C'est bien la preuve que mon système est déjà condamné ?.

Alors, pourquoi me faire attendre, me faire souffrir si cruellement dans l'attente de l'insupportable ?.

C''est vrai que quand c'est la fin, on finit toujours par la souhaiter rapide et, je me surprend à avoir envie de désinstaller des programmes "à la sauvage", d'aller dans les dossiers système et effacer tout ce que je trouve. Mais non, j'attends avec l'espoir imminent de la panne fatale.

Ma mémoire me trahit, aucune de mes quatres barrettes n'est défaillante et, je ne vois pas le message "The Memory could not be read" apparaitre.

Pourtant, je le sens, il doit s'en passer des choses la dedans : des inversions de bits, des vidages de mémoire, des transferts de données des calculs à X décimales et, ne me dites pas que mes barrettes sont sans erreurs, c'est impossible alors, pourquoi n'apparaissent elles pas ?.

Rien, rien, rien, je ne trouve aucun défaut. Je suis désespéré.

Ce n'est pas possible. La panne qui va m'arriver, va t-elle être telle que je vais devoir rester plusieurs semaine sans ordinateur et , horrible pensée, me retrouver coupé du monde, privé d'internet ?.

Non, je ne veux pas continuer dans l'incertitude, dans l'hypothèse d'une catastrophe imminente.

Il faut que je me reprenne. Après tout, la machine ne va pas prendre le pas sur l'homme. C'est moi qui domine la machine. Pas l'inverse.

Alors, poussé dans mes derniers retranchements, j'ai trouvé assez de ressources en moi, pour prendre une décision ultime, porteuse d'espoir, qui va me libérer de mes craintes, de mes angoisses :

C'est décidé. Adieux mes nuits blanches :

DEMAIN JE FORMATE !!!.



Modifié par Super_GEGE le 30/11/2008 22:49
Phoebe
 Posté le 30/11/2008 à 23:19 
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Petite astucienne

falla
 Posté le 02/12/2008 à 23:54 
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Astucienne

salut super gege pas mal ton histoire de pc

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Super_GEGE
 Posté le 03/12/2008 à 08:27 
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  Astucien

Merci Falla, je pense que ce n'est pas loin d'être réel

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