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Posté le 03/12/2025 à 17:27 |
| LECHE 
J'espère que ce n'est qu'un "" Au Revoir "" .
Vos différentes poésies furent, pour moi, un régal de fin gourmet. Merci 
l'éminence grise |
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Posté le 03/12/2025 à 18:01 |
| Hello
Merci
Tiens, pour la route, deux poèmes du poète Portugais Fernando Pessoa qui n'était pas particulièrement d'un optimisme démesuré , Il a dit à mon sens quelque chose de très vrai :"Nous avons tous deux vies: la vraie, celle que nous avons rêvée dans notre enfance, et que nous continuons à rêver, adultes, sur un fond de brouillard: la fausse, celle que nous vivons dans nos rapports avec les autres, qui est la pratique, l'utile, celle où l'on finit par nous mettre au cercueil."
poème 1
Voici peut-être le dernier jour de ma vie. J’ai salué le soleil en levant la main droite, mais je ne l’ai pas salué en lui disant adieu – non, plutôt en faisant signe que j’étais heureux de le voir: c’est tout.
poème 2
Il pleut. Qu’ai-je fait de ma vie? J’en ai fait ce qu’elle a fait de moi… De l’avoir pensée, mal vécue… Tristesse d’un tel homme!
Dans une angoisse sans remède J’ai de la fièvre à l’âme, et, quand je suis, Je ne ressens que le manque, à même l’ennui, De tout ce dont je n’ai jamais eu le désir.
Ce moi qu’autrefois j’aurais pu être, Qu’est-il devenu? Plein de haines mesquines Envers moi, me voici séparé De moi. Si au moins il pleuvait moins!
Modifié par LECHE le 03/12/2025 18:09 |
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Posté le 03/12/2025 à 19:18 |
| je réponds par un Haïku, comprenne qui pourra 
Je reste, tranquille,
Le monde passe en courant
Mon cœur fait racine. Modifié par LECHE le 03/12/2025 19:19 |
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Posté le 04/12/2025 à 13:42 |
| Je ne retire absolument rien de ce que j'ai dit sur la poésie, mais je dois reconnaître que la musique apporte ce surcroit d'émotion que la poésie à mon sens ne peut pas donner. L’absence de mots permet une émotion “pure”. Le langage aurait il un pouvoir limité ? La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots dit on, c'est très vrai. La musique agit sur le corps avant même d’agir sur l’esprit. La poésie, elle, propose une vision du monde par les mots et donc l’émotion doit passer à travers cette grille. Elle reste intérieure, mentale. Les mots touchent le sens alors que la musique touche le cœur et le corps en même temps.
Marcel Proust disait:
La musique est peut-être l'exemple unique de ce qu'aurait pu être - s'il n'y avait pas eu l'invention du langage, la formation des mots, l'analyse des idées - la communication des âmes Modifié par LECHE le 04/12/2025 14:13 |
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Posté le 04/12/2025 à 15:13 |
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la relation entre la poésie et la musique est très souvent symbiotique.
Modifié par Marie-louise le 04/12/2025 15:15 |
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Posté le 04/12/2025 à 16:39 |
| Elle peuvent être symbiotiques dans certains cas, mais je dirais plutôt qu'elles sont surtout complémentaires, dans le sens où elles peuvent exister seules , chacune possédant ses moyens d'expression propres tout en s'enrichissant lorsqu'elles se rencontrent . Disons que leur relation reste surtout celle de deux arts voisins qui se complètent plutôt qu’ils ne fusionnent.
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Posté le 04/12/2025 à 18:50 |
| Je viens de trouver cette poésie cubaine écrite pour moi 
Che
Sobre, tranquille et catégorique, il se levait, allait, palpitait. Il ne perdait jamais un moment dans l’oisiveté, en petitesses, en jactance, en plaintes. Sa main ne s’arrogeait aucune nourriture à la table de tous. Il était la justice, souriante et ferme. C’est ainsi seulement qu’il parut. Aussi, jamais son souvenir ne disparaîtra de nos mémoires. Il reviendra comme la tempête et l’éclair, tout feu tout flammes, comme il était et comme il est, dans la justice, et il abattra les corbeaux et les bêtes sauvages, les aigles sanguinaires. Qu’il n’y ait pas de deuil pour lui, il a gagné la flambée de celui qui se sacrifie entièrement. Tous les maltraités du monde le comprennent, l’embrassent, le font sien : héros qui n’attend d’autre gloire qu’un avenir d’allégresse. Qu’il n’y ait pas de deuil. Sa victoire est la nôtre ; ne faiblissons pas ; siècle après siècle.
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Posté le 04/12/2025 à 19:41 |
| poème tiré du livre " si c'est un homme " de Primo levi, Juif Italien déporté à Auschwitz qui finira plus tard par se suicider
Vous qui vivez en toute quiétude Bien au chaud dans vos maisons, Vous qui trouvez le soir en rentrant La table mise et des visages amis, Considérez si c'est un homme Que celui qui peine dans la boue, Qui ne connaît pas de repos, Qui se bat pour un quignon de pain, Qui meut pour un oui pour un non. Considérez si c'est une femme Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux Et jusqu'à la force de se souvenir, Les yeux vides et le sein froid Comme une grenouille en hiver. N'oubliez pas que cela fut, Non, ne l'oubliez pas : Gravez ces mots dans votre cœur. Pensez-y chez vous, dans la rue, En vous couchant, en vous levant ; Répétez-les à vos enfants. Ou que votre maison s'écroule, Que la maladie vous accable, Que vos enfants se détournent de vous. Modifié par LECHE le 10/12/2025 12:20 |
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Posté le 05/12/2025 à 10:05 |
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C’est ça la mort Je suis debout au bord de la plage. Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l’océan. Il est la beauté, il est la vie. Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon. Quelqu’un à mon côté dit : « il est parti ! » Parti ? Vers où ? Parti de mon regard, c’est tout ! Son mât est toujours aussi haut, Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine. Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui. Et juste au moment où quelqu’un près de moi dit : « Il est parti ! » Il y en a d’autres qui, le voyant poindre à l’horizon et venir vers eux, S’exclament avec joie : « le voilà ! » C’est ça la mort.
William Blake
Quelqu’un meurt, Et ce sont des pas qui s’arrêtent… Mais si c’était un départ Pour un nouveau voyage ? Quelqu’un meurt, Et c’est comme une porte qui claque… Mais si c’était un paysage s’ouvrant Sur d’autres paysages ? Quelqu’un meurt, Et c’est comme un arbre qui tombe… Mais si c’était une graine germant Dans une terre nouvelle ? Quelqu’un meurt Et c’est comme un silence qui hurle… Mais s’il nous aidait à entendre la fragile Musique de la vie ?
Benoît Marchon
Modifié par LECHE le 05/12/2025 10:06 |
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Posté le 05/12/2025 à 10:30 |
| je trouve magnifique ce que disait David Carradine : " Si tu ne peux pas être un poète, sois le poème. " David Carradine
si on ne peut pas créer quelque chose de beau, on peut au moins incarner nous mêmes cette beauté, et être une source d'inspiration |
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Posté le 05/12/2025 à 12:08 |
Petit astucien
| On va les étudier quelques-unes de ces poésies pour faire travailler nos vieilles mémoires fatiguées.  |
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Posté le 05/12/2025 à 12:23 |
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Poème de William Blake ou non peu importe.
Le problème de la poésie pour moi réside dans la traduction, surtout de l'anglais vers le français.
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Je me suis fais lire le poème par un anglais pour en être certaine.....Cela sonne mieux en anglais, du moins pour ce poème.
Le rythme ou le phrasé me semble meilleur
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Posté le 05/12/2025 à 14:17 |
| Tu as raison, le gros problème de la poésie, c'est la traduction. Mais pas spécialement pour un poème Anglais. Un poème Russe est encore plus difficile à traduire car la traduction d’une poésie n’est pas juste une traduction mot à mot, il y a un rythme à faire passer, des rimes à trouver et des sensations à faire passer. Si on prend l'exemple du plus célèbre poète Russe à savoir Pouchkine et d'un de ses poèmes les plus connus " Je vous aimais "
Version russe (originale) :
Я вас любил : любовь еще, быть может,
В душе моей угасла не совсем;
Но пусть она вас больше не тревожит;
Я не хочу печалить вас ничем.
Я вас любил безмолвно, безнадежно,
То робостью, то ревностью томим;
Я вас любил так искренно, так нежно,
Как дай вам бог любимой быть другим.
Traduction d’Alexandre Pouchkine, par lui-même en Français, langue qu'il maitrisait parfaitement
Je vous aimais… et mon amour peut-être
Au fond du cœur n’est pas encore éteint.
Mais je saurai n’en rien laisser paraître.
Je ne veux plus vous faire de chagrin.
Je vous aimais d’un feu timide et tendre,
Souvent jaloux, mais si sincèrement,
Je vous aimais sans jamais rien attendre…
Ah! puisse un autre vous aimer autant.
Traduction de Barbara Botton grande traductrice
Je vous ai aimé et mes sentiments
Tressaillent encore dans mon âme,
Et si mon cœur est dans les tourments
Ne vous inquiétez surtout pas, Madame.
Je vous ai aimé sans grand espoir,
Jaloux, suspendu à vos regards
Je vous ai aimée timidement et si sincèrement
Que Dieu fasse qu’un autre vous aime autant.
conclusion
si Pouchkine parlait parfaitement le Français, je pense que sa propre traduction ne reflétait pas sa version originale. Alors..............................
Modifié par LECHE le 05/12/2025 14:38 |
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Posté le 05/12/2025 à 16:56 |
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La poésie, c'est "le Rythme, la rime, le sens " , le problème, c'est que la traduction implique bien souvent de sacrifier l'un des trois . Si on garde la rime, le sens se perd, si on garde le sens, la rime saute, si on respecte le rythme, les images doivent changer.c'est finalement un travail d'équilibriste . Et c'est particulièrement vrai dans la traduction de la poésie Russe où le traducteur devient par choix obligatoire un co-auteur, ça en est d'autant plus frustrant. Pour résumer, traduire la poésie Russe, n'est pas transposer, mais recréer.Et même si le traducteur Français maîtrise parfaitement la langue Russe, il sera obligé, comme je viens de le dire, de privilégier un élément par rapport à un autre
Modifié par LECHE le 05/12/2025 16:58 |
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Posté le 05/12/2025 à 17:04 |
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Mais pour moi c'est surtout entrer en résonnance avec le poème.
Le poème et la musique peuvent aussi entrer en résonnance (le temps des cerises par exemple).
Ecouter des poèmes récités en public m'est pratiquement impossible.   |
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Posté le 05/12/2025 à 19:00 |
| Marie-louise a écrit :

Ecouter des poèmes récités en public m'est pratiquement impossible.  
Je ne parlais pas de ça sur mes posts précédents, je parlais de la difficulté de traduire un poème en Français .
quant à ta remarque " écouter des poèmes en public " , je serais plutôt d'accord, sauf si c'est un grand artiste. J'ai eu l'occasion, il y a assez longtemps d'aller écouter Serge Reggiani dire des poèmes en public. Ce fut un grand moment d'émotion;
A titre d'exemple:
ici
et là
Modifié par LECHE le 05/12/2025 23:02 |
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Posté le 06/12/2025 à 09:37 |
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C'était seulement une prise de position de ma part.
La poésie c'est personnel. La plupart du temps cela vient sans qu'on le demande.
Modifié par Marie-louise le 06/12/2025 11:08 |
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Posté le 06/12/2025 à 09:39 |
| poèmes en prose de Baudelaire
L'étranger
Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère? Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère. Tes amis? Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu. Ta patrie? J'ignore sous quelle latitude elle est située. La beauté? Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle. L'or? Je le hais comme vous haïssez Dieu. Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger? J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!
Enivrez vous
Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. » Modifié par LECHE le 06/12/2025 09:47 |
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Posté le 06/12/2025 à 11:18 |
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- "Un enfant qui ne joue pas n’est pas un enfant, mais l’homme qui ne joue pas a perdu à jamais l’enfant qui vivait en lui et qui lui manquera terriblement. »
- « On peut couper toutes les fleurs , mais on ne peut pas empêcher le printemps de venir. "
Pablo Neruda
Modifié par LECHE le 06/12/2025 12:03 |
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Posté le 06/12/2025 à 13:17 |
| On me demande souvent : " mais à quoi sert la poésie ?"
je n'aurais pas pu mieux répondre que ça
ici |
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Posté le 07/12/2025 à 15:54 |
| Toute une vie résumée en quelques lignes, quelle lucidité
On arrive tout nu, un matin au portique Parmi tant d'étrangers, on est inconnu On découvre la vie, tout comme une Amérique On a soif d'être vieux avant d'avoir vécu Et puis on s'aperçoit Que de partir ça sert à rien Et puis on s'aperçoit Que de rester ça sert à rien Alors on reste, alors on reste, N'importe où.
On se trouve un matin, on est deux face à face On se trouve un matin, deux dans le même lit On découvre l'amour, on lui cède la place Mais il fait la valise avant qu'on ait compris Et puis on s'aperçoit Que d'être à deux ça sert à rien Et puis on s'aperçoit Que d'être seul ça sert à rien Alors on fait, alors on fait N'importe quoi.
On rencontre un matin quelqu'un qui nous ressemble Un qui est étranger parmi ces étrangers On échange des mots et quelques verres ensemble A ces instants l'on croit que la vie va changer Et puis on s'aperçoit Que de parler ça sert à rien Et puis on s'aperçoit Que de se taire ça sert à rien Alors on dit, alors on dit N'importe quoi.
On se trouve un matin, tout nu devant sa glace Devant son ombre morte, on est presque étranger On se retourne un peu, et le passé nous glace Et l'on s'étonne un peu d'avoir tellement changé Et puis on s'aperçoit Que le passé ça sert à rien Et puis on s'aperçoit Que l'avenir ça sert à rien Alors on meurt, alors on meurt N'importe quand.
version chantée par Serge Lama
Modifié par LECHE le 07/12/2025 15:58 |
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Posté le 08/12/2025 à 11:49 |
| Cette chanson et ces paroles touchent le caractère dérisoire , absurde et au caractère machinal de l'existence dont parle Camus . La vie a t elle un sens et vaut elle la peine d'être vécue ? Je laisse chacun répondre à cette question. Lever, métro, bureau , repas, bureau, métro, repas, télé, dodo, et ceci tous les jours de la semaine sur le même rythme. Et puis arrive un jour, ou lassés, certains ( pas tous ), se posent la question "A quoi bon?, pourquoi? "et c'est à ce moment qu'apparaît le sentiment d'absurde et du non sens de la vie, surtout qu'en même temps surgit de façon inexorable la perspective de la mort. C'est ce sentiment d’irrationalité qui crée l'absurde chez l'homme, car si la science explique le " Comment " des choses, elle n’explique pas le pourquoi . Et c'est ce "Pourquoi" qui est fondamental .
Comme quoi une simple chanson peut amener à se poser des questions philosophique essentielles . Modifié par LECHE le 08/12/2025 11:52 |
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Posté le 08/12/2025 à 16:21 |
| dans un peu le même ordre d'idée, une vie résumée en quelques lignes. Chanson écrite par Gilbert Laffaille ( 1973 )
en version chantée ICI
paroles
Sur la route du mois d'août
Chanter où ça nous chante
T′es rev′nu l'âme en peine
Sur les bords de la Seine
T′as la pipe, la 2 pattes
Quand t'écris, tu t′éclates
Quand tu fumes, tu t'assumes
T′as même plus l′âme en peine
Sur les bords de la Seine
Pas d'réponse aux annonces
T'as plus d′fric, t'as plus d'clopes
Plus tu rames, plus t′écopes
T′as tes potes qui ont des bottes
Tu t'balades l′âme en peine
Sur les bords de la Seine
Face à face dans la glace
Des vaisseaux qui éclatent
D'la brioche et des poches
Quand tu passes près d'la Seine
Tu t′revois l′âme en peine
Modifié par LECHE le 08/12/2025 16:23 |
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Posté le 09/12/2025 à 08:44 |
| Haïku d'hiver
Sur la pelouse d’hiver Un objet Que la lumière a oublié.
Uejima Onitsura
Désolation hivernale – Dans le monde monochrome Le bruit du vent.
Matsuo Basho
nuit d’hiver peu à peu la pleine lune absorbe les étoiles
Modifié par LECHE le 09/12/2025 08:45 |
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Posté le 09/12/2025 à 10:37 |
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Il est terrible le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain il est terrible ce bruit quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim elle est terrible aussi la tête de l’homme la tête de l’homme qui a faim quand il se regarde à six heures du matin dans la glace du grand magasin une tête couleur de poussière ce n’est pas sa tête pourtant qu’il regarde dans la vitrine de chez Potin il s’en fout de sa tête l’homme il n’y pense pas il songe il imagine une autre tête une tête de veau par exemple avec une sauce de vinaigre ou une tête de n’importe quoi qui se mange et il remue doucement la mâchoire doucement et il grince des dents doucement car le monde se paye sa tête et il ne peut rien contre ce monde et il compte sur ses doigts un deux trois un deux trois cela fait trois jours qu’il n’a pas mangé et il a beau se répéter depuis trois jours Ça ne peut pas durer ça dure trois jours trois nuits sans manger et derrière ce vitres ces pâtés ces bouteilles ces conserves poissons morts protégés par les boîtes boîtes protégées par les vitres vitres protégées par les flics flics protégés par la crainte que de barricades pour six malheureuses sardines.. Un peu plus loin le bistrot café-crème et croissants chauds l’homme titube et dans l’intérieur de sa tête un brouillard de mots un brouillard de mots sardines à manger oeuf dur café-crème café arrosé rhum café-crème café-crème café-crime arrosé sang !... Un homme très estimé dans son quartier a été égorgé en plein jour l’assassin le vagabond lui a volé deux francs soit un café arrosé zéro franc soixante-dix deux tartines beurrées et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon. Jacques Prévert
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Posté le 09/12/2025 à 12:35 |
| Je n'ai pas mis beaucoup de poèmes Russe, car ils sont très difficiles à traduire, comme je le disais plus haut. Il y a dans le film le docteur Jivago , un personnage qui dit " nul n'est plus poète qu'un Russe " Pourquoi ? parce que la poésie Russe est souvent liée à la survie dans un pays où régnait la guerre, les révolutions, les famines, les répressions politiques. Sous l’Empire, puis surtout sous l’URSS, écrire pouvait littéralement coûter la vie . Mandelstam est mort dans un camp, Tsvetaïeva s'est suicidée après des années de persécutions, Goumiliov a été exécuté, Akhmatova écrivait de la poésie que ses amis apprenaient par cœur pour éviter toute preuve écrite. La poésie devient alors un moyen de dire la vérité quand tout autre langage est interdit. . On peut donc considérer la poésie Russe comme un refuge psychique. Quand tout s’effondre politiquement, socialement ou moralement, la poésie devient un espace intérieur de liberté, un lieu où la personne survit. En Russie, la poésie n’est pas un luxe, c’est une manière de rester humain, alors qu'en France et en occident , la poésie a pu être considérée comme essentiellement "un luxe esthétique".
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Posté le 09/12/2025 à 16:49 |
| Toute la poésie du chanteur Renaud " Le petit chat est mort "
Va donc pas pleurer Y s'baladait peinard Il avait pas d'collier Il était libre d'aller Et d'rev'nir pour bouffer Il était même pas prisonnier De ton amour insensé
T'aurais quand même pas Voulu qu'y vive comme un con Sur le canapé Loin des gouttières des pigeons C'était un aventurier T'aurais pas voulu qu'on l'attache Y t'aurais miaulé: "Mort aux vaches!"
Le petit chat est mort Il est tombé du toit C'est comme ça Il a glissé sur j'sais pas quoi Et Patatras On l'enterr'ra demain j'te jure Dans un joli carton à chaussures
Le petit chat est mort Et toi et moi on va couci-couça A cause de quoi? A cause que c'est Chaque fois comme ça Pourquoi c'est toujours les p'tits chats Et jamais les hommes qui tombent des toits?
C'était un vrai sac à puces Encore plus libre qu'un chien Pas l'genre pour un su-sucre A te lécher la main Mais la liberté tu vois C'est pas sans danger c'est pour ça Qu'elle court pas les rues ni les toits
C'était un vrai Titi La terreur des p'tis oiseaux La nuit y s'faisait gris Pour les croquer tout chauds C'est un peu salaud Mais t'as jamais mangé d'moineau C'est pas plus dégueu qu'un MacDo
Le petit chat est mort Il est tombé du toit C'est comme ça Il a glissé sur j'sais pas quoi Et Patatras On ira d'main dans un jardin L'enterrer au pied d'un arbre en bois
Le petit chat est mort Et toi et moi on va Couci-couça A cause de quoi? A cause qu'on s'demande bien pourquoi T'as jamais un pape sur les toits Etre trop près du ciel p't'être qu'y z'aiment pas
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Posté le 10/12/2025 à 08:43 |
| Qu'est-ce qui fait le tour de la terre ? C'est le rire de la mer C'est l'oiseau qui se libère C'est un nuage à l'envers C'est le chant de l'arbre vert C'est le vent c'est la lumière C'est la foudre c'est l'éclair C'est le printemps qui prend l'air C'est l'été qui sonne clair C'est l'automne c'est l'hiver C'est aujourd'hui c'est hier C'est demain que j'entrespère C'est le soleil qui se perd Et qui revient par derrière C'est mon cœur et son mystère
J. Charpenteau Modifié par LECHE le 10/12/2025 08:45 |
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Posté le 10/12/2025 à 12:53 |
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La ballade des enfants tristes
La ballade des enfants tristes se joue à un doigt sur le mur de la vie. Vous appelez ça une vie ? Leurs jouets sont cassés, que faire ? c’étaient des jouets cassés. Leurs paroles sont mortes, que faire ? C’étaient les mots des morts. Les enfants tristes attendent, tout blancs, tout droits, dans leur sarcophage de petits rois. Vous appelez ça une enfance ! Ils ne veulent pas qu’on en parle. Ils ne veulent pas qu’on casse et recasse leur joie. Les enfants tristes ont des soleils de paille et des ombres d’oiseaux, pour jadis et demain la déclinaison bleue de leur peau, pour unique aujourd’hui le rêve qu’on leur a pris. La ballade des enfants tristes se joue en gris et en mineur, sur un fond de forêt perdue, avec le vent dans les rues du néant, avec la neige couchée sur un banc, et le sourire de l’inconnue qu’on aura toute la vie attendue. Vous appelez ça la vie ! Des trains qui n’arrivent pas. Des bateaux qui n’abordent pas. Une fenêtre aveugle. Un téléphone ventriloque. Un chien qui tourne en rond. Des lettres effacées dans des tiroirs à double fond, Des cahutes en loques au fond des jardins muets. Des avis de décès. Et les soirs à la bougie dans l’orbite du vide. La ballade des enfants tristes se joue seul à seul. Et les oiseaux de papier sombrent dans le fleuve des astres en allés. Vous appelez ! vous appelez ! La ballade est finie Qui se jouait sur le mur de la vie.
Jacques CRICKILLON
La petite fille
Si vous n’avez pas peur, je vous conduirai au ciel, dit-elle. C’était une pauvre petite fille aux immenses yeux limpides. Elle habitait une rue en pente, étroite, bordée de maisons lourdes, hautes, noires. Il vit que les murs craquaient de partout, et ne fut pas surpris par la pâleur des habitants. Les hommes, deux par deux, grimpaient, la tête basse, et se quittaient en échangeant un signe à peine perceptible devant les seuils de pierre grise. On entendait parfois une plainte de femme, vite étouffée. La petite fille avait ralenti le pas. Son maintien, sa démarche, son profil respiraient une sagesse étrange, un peu inquiétante. Il n’osait lui demander son âge, lorsqu’elle murmura : « Je suis très vieille, vous savez, j’ai dix ans. » Elle ne devait pas s’attendre à ce qu’il esquisse un sourire, car elle ajouta : « Vous ignorez ce que dix ans signifient dans la rue, je suis plus âgée que le chat. » Il éprouva sans se l’avouer une sorte de respect timide. Elle le précédait de quelques pas maintenant et semblait, la tête levée, chercher à découvrir quelque chose entre les corniches rapprochées, très haut, au fond du ciel. Il la rejoignit et se pencha vers elle. Elle se hâta de détourner le visage, pas assez vite cependant pour éviter qu’il surprenne deux larmes d’un bleu vif en équilibre sur ses pommettes transparentes.
Jean-Claude PIROTTE
Pense à la folie si jolie, si polie de l’homme qui se donne la peine d’écrire un poème… et de la garder.
Pense à la candeur de cet homme - qui pourrait jouer aux cartes, boire, danser, aller au cinéma - et qui se donne la peine d’écrire un poème.
Pense à la patience de ce brave homme, qui ne sait même pas si ses contemporains voudront croire à son talent, et qui prend la peine, quand même, d’écrire son poème.
Pense à la folie, à la manie si douce de cet homme, qui n’est peut-être pas même approuvé par sa femme, et qui, s’il l’était, pourrait bien s’en attrister.
Pense à lui qui croit à la poésie, qui en a fait son amie et qui peut-être, à cause d’elle, va perdre sa place au ministère.
Pense à lui qui se donne la peine de faire un poème, aujourd’hui !… et d’en souffrir.
Constant BURNIAUX
Modifié par LECHE le 10/12/2025 12:54 |
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Posté le 10/12/2025 à 14:13 |
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Guerrier des Andes
Souffle rouge dans la nuit
L’écho persiste Modifié par LECHE le 10/12/2025 14:14 |
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Posté le 10/12/2025 à 16:27 |
| C'est l'automne "La couleur verte tremble entre les mains de l’automne La mort maquille les feuilles pour leurs noces avec le givre Un silence très ancien se loge dans la lumière qui se tait et le Temps jette les heures insouciantes dans un feu sans mémoire " Kamal Zerdou
voir ici
Modifié par LECHE le 10/12/2025 16:31 |
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Posté le 11/12/2025 à 11:32 |
| Le mal dont j'ai souffert s'est enfui comme un rêve.
Je n'en puis comparer le lointain souvenir
Qu'à ces brouillards légers que l'aurore soulève
Et qu'avec la rosée on voit s'évanouir.
Musset
Modifié par LECHE le 11/12/2025 12:13 |
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Posté le 12/12/2025 à 08:15 |
| Spleen
Il m'arrive de penser à des amis que j'avais jadis sur pcastuces il y a longtemps comme Kelko, Clint62, JPdu34, malka63, chrifleur, ,TX, etc.......qui ont quitté le forum pour de multiples raisons
Et leur absence me fait penser à ces vers de Victor Hugo dans son poème Oceano Nox
On demande : - Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque île ? Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? - Puis votre souvenir même est enseveli. Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire. Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire, Sur le sombre océan jette le sombre oubli. |
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Posté le 12/12/2025 à 08:50 |
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Cela me fait penser à Lamartine:
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Et quand je dis en moi-même :
Où sont ceux que ton cœur aime ?
Je regarde le gazon. Modifié par Marie-louise le 12/12/2025 09:27 |
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Posté le 12/12/2025 à 09:03 |
| C'est ce qu'on peut appeler un gazon maudit
plus sérieusement, un Haïku
Sous l’herbe ils dorment,
Le vent murmure leurs noms
Paix en terre verte. Modifié par LECHE le 12/12/2025 09:04 |
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Posté le 12/12/2025 à 12:13 |
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Il est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber, Un air très vieux, languissant et funèbre, Qui pour moi seul a des charmes secrets.
Or, chaque fois que je viens à l’entendre, De deux cents ans mon âme rajeunit : C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre Un coteau vert, que le couchant jaunit,
Puis un château de brique à coins de pierre, Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs, Ceint de grands parcs, avec une rivière Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;
Puis une dame, à sa haute fenêtre, Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens, Que, dans une autre existence peut-être, J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !
Gérard de Nerval
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Posté le 13/12/2025 à 11:28 |
| Je ne connaissais pas bien la poésie Belge , c'est une lacune
La place
La jeunesse tombe du ciel comme une fraise dans la bouche.
Les colonnades s’amenuisent, blanches volutes jusqu’au ciel où débarquent d’anciens amis sur le pavé d’aventurine.
Les bras chargés de jours, ils vont partir sans te connaître ils vont mourir sans t’appeler sous la voûte.
Écroulement, palais sonore, l’eau sourde enveloppe ton corps. À l’oreille un collier de bulles, à la gorge un nœud de caresses
descendent dans l’ombre de la mer.
Il reste un galet sur le sable, un regard d’amant sur le monde, deux pigeons bleus au bord du gouffre et ce goût de charbon qui présage l’hiver.
Le dernier port de Maurice MAETERLINCK
(Chanson de fou)
Encore un printemps mort, Encore un an qui fuit… Nous entrerons au port Quand tombera la nuit.
Nous entrerons au port Quand nous n’y verrons plus. Nous y serons encore Quand nous ne serons plus…
Ceux qui l’avaient cherché Ne l’ont pas encore vu… Ils n’avaient rien trouvé, Ils avaient tout perdu…
Ils trouveront ici Ce qu’ils cherchaient encore Et dans l’eau de la mort Ils sombreront aussi…
Encore un jour de carlo Masoni
Encore un jour d’eau fraîche qui commence Sur l’herbe bleue des heures à faucher. Encore un jour qui paye redevance Pour mériter ses raisons d’espérer.
Encore un jour à semer la semence, À féconder le doux limon du corps. Encore un jour à miser sur la chance. Encore un jour à défier le sort.
Encore un jour à se trouver soi-même, À se connaître à soi-même étranger. Encore un jour où rien ne vaut qu’on aime Puisqu’il faut bien tout amour dénouer.
Encore un jour à compter les étoiles Sans bruit tombant de ce soir à demain. Encore un jour où l’on met à la voile : Ho hisse et ho ! ce port n’est plus le mien.
Encore un jour à souffrir ses blessures, Encore un jour de bois sec à brûler, Encore un jour de sang et d’aventure, Un jour encore… et tout va commencer.
Prometteurs de beaux jours (-Albert AIGUESPARSE)
Quelque part dans les rues d’un faubourg d’Europe des soldats tristes dessinent dans le sang les nouvelles images de la vie Autour d’eux des enfants aux gros yeux mouillés de lumière regardent ces lourds souliers cloutés ces mains tatouées de poussière À l’heure où les hommes rentrent chez eux par les portes obliques du sommeil l’odeur des boucheries rôde près des masures et quelqu’un crie qu’on va manger la soupe pour que ce soit bien un jour comme les autres
Derniers vivants l’amour aussi va prendre fin et la patience de l’aube au pied des charrues et les villes où tout recommence Les pierres usent doucement l’éternité Les arbres oublient la terre Les villages voguent sur un cyclone de prières mais toutes ces choses n’en ont plus pour longtemps
Les rêves Fous ( Paul Geraldy )
Je suis en deuil de rêves morts
Je suis en deuil de rêves morts, Je suis en grand deuil de mes rêves À la dérive sur les grèves, À la dérive loin des ports.
Blancs nénuphars des eaux moroses Et lys tombés de vierges mains, Lauriers austères, folles roses, Fleurs mortes de mes rêves vains !
Des poisons sont tombés des astres, Des poisons sur mes frêles fleurs À la dérive, sous les astres, À la dérive, frêles fleurs !
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Posté le 14/12/2025 à 10:14 |
| Hello
Pedro Salinas:
" La poésie est une aventure vers l'absolu "
Modifié par LECHE le 28/03/2026 10:09 |
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Posté le 28/03/2026 à 10:15 |
| bonjour
Magnifique poème d'Aragon:
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré D'où sort cette chanson lointaine D'une péniche mal ancrée Ou du métro Samaritaine
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Sans chien sans canne sans pancarte Pitié pour les désespérés Devant qui la foule s'écarte
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré L'ancienne image de moi-même Qui n'avait d'yeux que pour pleurer De bouche que pour le blasphème
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Cette pitoyable apparence Ce mendiant accaparé Du seul souci de sa souffrance
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Fumée aujourd'hui comme alors Celui -que je fus à l'orée Celui que je fus à l'aurore
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Semblance d'avant que je naisse
Cet enfant toujours effaré Le fantôme de ma jeunesse
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Vingt ans l'empire des mensonges L'espace d'un miserere Ce gamin qui n'était que songes
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Ce jeune homme et ses bras déserts Ses lèvres de vent dévorées Disant les airs qui le grisèrent
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Baladin du ciel et du cœur Son front pur et ses goûts outrés Dans le cri noir des remorqueurs
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Le joueur qui brûla son âme Comme une colombe égarée Entre les tours de Notre-Dame
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Ce spectre de moi qui commence La ville à l'aval est dorée À l'amont se meurt la romance
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Ce pauvre petit mon pareil Il m'a sur la Seine montré Au loin des taches de soleil
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Mon autre au loin ma mascarade Et dans le jour décoloré Il m'a dit tout bas Camarade
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Mon double ignorant et crédule Et je suis longtemps demeuré Dans ma propre ombre qui recule
Sur le Pont Neuf j'ai rencontré Assis à l'usure des pierres Le refrain que j'ai murmuré Le rêve qui fut ma lumière
Aveugle aveugle rencontré Passant avec tes regards veufs O mon passé désemparé Sur le Pont Neuf
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Posté le 29/03/2026 à 09:53 |
| Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. J’irai par la forêt, j’irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo
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